Des semaines qu’une incertitude planait au-dessus du maintien de l’entreprise Enovis, au Pays basque. Le 9 septembre, d’un commun accord, les élus de l’Agglomération Pays basque et le directeur général de l’entreprise, Sébastien Bellart, ont annoncé avoir trouvé une solution pour installer le nouveau bâtiment de la société, soit 13 000 m2 de locaux, sur le site d’une ancienne friche industrielle, à l’entrée de Bayonne.
Enovis France, filiale du groupe américain du même nom, clôt ainsi un feuilleton "de 8 ans de recherches pour trouver ce terrain" et met un terme au "vent de désespoir", selon les termes de son directeur général, qui soufflait au sein de l’entreprise ces derniers mois. Les 300 salariés français, tous basés dans des locaux implantés au Centre européen de fret (CEF) de Mouguerre, à quelques encablures de Bayonne, savent désormais que l’entreprise restera au Pays basque.
Elle s’installera à l’été 2027 sur le site dépollué de 2,4 hectares des anciennes fonderies de Mousserolles, à l’entrée de Bayonne et pourra accueillir jusqu’à 450 salariés dans 3 000 m2 de bureaux et 10 000 m2 d’entrepôts, contre 7 500 m2 de locaux éclatés en trois bâtiments aujourd’hui. "On perd actuellement beaucoup en efficience mais aussi en sécurité parce que nos salariés circulent d’un bâtiment à un autre", explique Sébastien Bellart.
Pour ce spécialiste des dispositifs médicaux et notamment des petits appareillages orthopédiques, accessoirement l’un des dix plus gros employeurs privés du territoire, "il devenait urgent de finaliser ce projet", qui représente un investissement de 20 millions d’euros.
Levée de boucliers d’associations environnementales
Si une solution semblait d’abord s’être dessinée au sein même du Centre européen de fret - plateforme logistique, sur une parcelle de 3 hectares mais classée comme zone humide et donc protégée - il avait fallu renoncer au projet face à une levée de boucliers d’associations environnementales locales.
Une nouvelle option travaillée dans l’urgence par les services de l’Agglomération, inquiète à l’idée de voir déménager un important pourvoyeur d’emplois, a finalement abouti à cette "nouvelle opportunité en trois mois", pour la plus grande satisfaction de Sébastien Bellart, lui aussi déterminé à rester sur ce territoire.
"Cette proximité avec les prestataires logistiques est importante parce qu’en bout de chaîne, dans notre activité, chaque minute compte."
"On se situe à 2 kilomètres du premier site envisagé, où se trouvent des prestataires comme Fedex ou TNT, essentiels à la livraison du matériel médical à nos 20 000 pharmacies clientes en France. Cette proximité avec les prestataires logistiques est importante parce qu’en bout de chaîne, dans notre activité, chaque minute compte", sourit-il. Enovis France étend aussi son activité en Espagne, Au Portugal, en Italie, au Maghreb et au Benelux.
Avec un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros en 2023, Enovis table sur une croissance de 6 à 9 % dans les prochaines années, et un rythme d’embauche de 15 à 20 personnes par an. L’entreprise française cherche aussi à développer ses dispositifs de compression veineuse et d’implants chirurgicaux, notamment via son pôle de recherche et développement. Le groupe Enovis affiche, lui, un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros en 2023.