"Sur notre territoire, l’économie est en panne d’élan, mais nos entreprises restent actives et engagées malgré des vents contraires", a déclaré André Garreta, le président de la CCI Bayonne Pays basque, pour introduire les chiffres du baromètre économique pour le Pays basque sur le 1er semestre 2025 et les prévisions pour le 2e semestre.
La moitié des dirigeants d’entreprise interrogés en juillet (214 entreprises au Pays basque) sont parvenus à maintenir un chiffre d’affaires stable et seulement 22 % l’ont vu progresser (contre 29 % en 2024). Les principales difficultés citées par les sondés sont la baisse de la demande, l’inflation et le poids des charges.
Des difficultés confirmées par Peio Etxeleku, premier vice-président de la CCI également PDG du groupe Agour (acteur majeur du secteur de l’agroalimentaire — fromage de brebis, chocolat — et de la construction). "Nous ressentons ce qui a été dit, en particulier un changement d’habitudes d’achat des consommateurs qui se dirigent vers des produits plus bas de gamme et vont vers de l’épargne accrue."
Prudence des entreprises
Les secteurs de la construction, du commerce de détail en centre-ville et du tourisme figurent parmi les secteurs les plus impactés, tandis que ceux de l’industrie (+ 13 % de chiffre d’affaires sur le premier semestre 2025) et des services (+ 8 % de chiffre d’affaires) sont épargnés.
Le taux de chômage reste stable (5,8 %), mais le nombre de demandeurs d’emploi a progressé (+ 4,8 % en juin 2025 par rapport à l’année précédente). Une conjoncture qui incite à la prudence les entreprises basques, dont les investissements prévus sur le 2e semestre 2025 ont atteint leur niveau le plus bas depuis plusieurs années, avec 17 % d’entreprises qui prévoient d’investir.
La directrice de l’antenne économique de la Banque de France à Bayonne, Marie-Anne Kozlowski, a présenté les projections 2025-2027 au niveau national. La croissance, prévue à 0,7 % sur le 2e semestre 2025, devrait atteindre 0,9 % en 2026 et 1,1 % en 2027 grâce à une augmentation de la consommation des ménages et une reprise des investissements privés.
Qu’en sera-t-il localement ? "Difficile à dire, compte tenu du contexte politique, répond André Garreta, à quelques jours de la démission du Premier ministre le plus éphémère de la Ve République. Il faudrait retrouver une stabilité politique pour que les chefs d’entreprise cessent de naviguer à vue."