Les aides de l’État à l’installation de panneaux solaires pour les particuliers vont désormais être recentrées sur l’autoconsommation, et pour les projets de taille plus grande (de 100 à 500 kWc), la sélection se fera par appel d’offres. La nouvelle réglementation émane d’un arrêté publié le 27 mars.
Un soutien resserré aux "projets matures"
Un mois après les annonces du gouvernement souhaitant modifier les aides financières au secteur du photovoltaïque, les discussions avec les acteurs de la filière ont débouché sur un texte définitif. "Concernant le petit photovoltaïque chez les particuliers, le soutien sera bien recentré sur l’autoconsommation, afin d’offrir à nos concitoyens une résilience face aux variations des prix de l’électricité", annonce le ministère de l’Énergie et de l’Industrie dans un communiqué de presse.
Pour les projets plus grands (100-500 kWc), "un système de caution bancaire sera mis en place afin de restreindre le soutien à des projets matures", précise le ministère. Avant d’ajouter que "le soutien à ce segment de puissance prendra la forme d’un appel d’offres simplifié qui devra être mis en place au début du deuxième semestre 2025".
Des acteurs du secteur plus rassurés
Ces annonces ont globalement rassuré les organisations professionnelles, qui avaient craint un "effondrement du marché" le mois passé. Elles attendent néanmoins davantage de clarté sur la mise en œuvre des appels d’offres. "Le spectre d’un moratoire s’éloigne, mais il faut se remettre vite autour de la table de discussion pour sortir de cette période transitoire et permettre aux professionnels de retrouver une visibilité après cette période chaotique", juge Daniel Bour, président d’Enerplan, syndicat des professionnels du solaire. Enerplan et le Syndicat des énergies renouvelables appellent à mettre en place les appels d’offres simplifiés dès juillet 2025.
Une opportunité pour la filière ?
Certains acteurs abordent avec confiance cette nouvelle réglementation des aides. "Loin d’être un frein, cette mesure est aussi le signe d’une filière qui a franchi un cap en matière de maturité, de démocratisation et de professionnalisation", estime l’entreprise Ensol, dans un communiqué de presse. Un des fondateurs de la start-up, Paul de Préville, ajoute : "en recentrant les aides, on rétablit des bases plus saines pour le marché. Cela va redonner confiance aux consommateurs, et permettre aux entreprises solides, innovantes et transparentes de se démarquer". Ensol attend cependant, avec tous les acteurs, un "accompagnement" de l’État pendant cette période de transition d’une réglementation à l’autre.