Anios : Un nouveau labo R&D

Anios : Un nouveau labo R&D

Aux portes de Lille, le leader des gels désinfectants va inaugurer son nouveau centre de recherche, avant d'investir 12M€ dans la logistique. La saga familiale dure depuis plus de 110ans.

Vaincre le microbe. Tel est le combat d'Anios depuis 112ans. Son arme: les désinfectants. Chez Anios, le gel hydro-alcoolique est ainsi omniprésent. Le produit phare du laboratoire nordiste trône à l'entrée de chaque salle du siège hellemmois et jusque dans l'usine voisine de Sainghin-en-Mélantois, qui produit 50.000T/an.




Les hôpitaux au coeur du business

Ciblés depuis les années 1980, les hôpitaux représentent la moitié du business d'Anios, présent aussi dans les collectivités comme les écoles, mairies, restaurations (15%) et chez les professions médicales diffuses (10%). Ce laboratoire numéro 1 français et parmi les trois premiers mondiaux « tue le microbe » depuis plus d'un siècle à Lille. «Nous sommes restés extrêmement spécialisés dans la lutte contre les infections», atteste Bertrand Letartre, actuel P-dg et arrière-petit-fils du fondateur, Fernand Collet-Delval. C'est lui qui a eu l'idée ingénieuse d'utiliser des produits antimicrobiens à base de sels de vanadium à la place du chlore ou du formol.




De la bière au fond de teint

Qu'il paraît loin le temps où l'aïeul fabriquait des désinfectants exclusivement pour les brasseries, alors très nombreuses en région. Aujourd'hui, l'industrie représente 20 % du chiffre d'affaires d'Anios. Dans l'agroalimentaire, les brasseries ont cédé la place aux laiteries et fromageries. Depuis peu, Anios connaît un fort développement dans les industries pharmaceutique et cosmétique. Il y a 2 ans, des marques comme Fabre, L'Oréal ou Dior ont fait confiance au laboratoire nordiste l'emmenant sur des marchés internationaux. Autant le fond de teint doit tenir sur la peau, autant il doit se décoller facilement dans la cuve où il est préparé en usine. Ce nettoyage, c'est l'affaire d'Anios qui s'attaque aujourd'hui à la Chine, porté par Sanofi et L'Oréal.




Victime de son succès

Anios a été victime de la crise, mais au bon sens du terme : victime de son succès face à la crise de la grippe H1N1. Du jamais vu ! Les ventes ont fait un bond en avant de 25% en 2009. «Nous avons embauché 200 personnes supplémentaires pendant 6 mois et nous avons fait travailler trois sous-traitants», raconte Bertrand Letartre, P-dg. Cette année, l'euphorie retombe. Le chiffre d'affaires 2010 devrait tout de même atteindre 180M€, contre 190M€ l'an passé. Il n'était que de 10 millions de francs en 1982. Anios connaît une croissance moyenne de 12% par an. «C'était une pépite qui avait décliné», se souvient Bertrand Letartre qui en a pris la tête avec son frère Thierry en 1982, à la suite de leur mère.




Air Liquide au capital

Pendant 12 ans, c'est elle, femme d'avocat et maman de 6 enfants, qui a tenu les rênes de l'entreprise familiale avec l'aide de l'institut Pasteur. Ils n'étaient que 10 salariés à l'époque, contre 550 aujourd'hui dont 400 en région. Anios réalisait seulement 5% à l'export il y a dix ans. Aujourd'hui, cette part est montée à 25% et Bertrand Letartre veut la doubler dans les 5 ans. Le développement international a été soutenu avec l'entrée d'Air Liquide au capital en 1999, à hauteur de 66 %, pour conforter ses positions dans la santé. Présent dans plus de 60 pays, Anios poursuit sa lutte contre le microbe dans de nouveaux pays comme la Chine, l'Inde ou la Russie. Au Brésil, une nouvelle usine pourrait voir le jour, non loin de l'Argentine où Anios dispose d'une filiale depuis 2 ans. «Nos relais de croissance sont là», soutient le P-dg, également adepte de croissance externe.




Croissance externe

Il y a 4ans, le spécialiste de l'hygiène des cabinets dentaires Unident Swiss, à Genève, est ainsi entré dans le giron d'Anios. «Nous avons créé une division dentaire internationale», explique Bertrand Letartre. Farmec, numéro 1 italien des produits désinfectants et antiseptiques, a aussi été acquis il y a 3 ans. Tous ces développements s'accompagnent d'un programme d'investissements. A Sainghin-en-Mélantois, Anios a ouvert sa deuxième usine en 2006 et projette déjà d'en faire son site phare à moyen terme, sous forme de campus. Son siège d'Hellemmes (8.000m²) pourrait y être «rapatrié». Cet été, Anios y a déplacé son centre de recherche, passant de 600 à 1.000m² et représentant un investissement de 1,5M€ sans aide, hormis le crédit d'impôt recherche. Le groupe vient aussi d'obtenir le feu vert pour construire un pôle logistique, soit une enveloppe supplémentaire de 12M€ A ceux qui croyaient qu'Anios était un laboratoire étranger et lointain, la famille Letartre prouve le contraire avec un ancrage nordiste fort.