«Animascope est une entreprise innovante, donc un produit financier pour des investisseurs. Mais c'est aussi une Société coopérative et participative (Scop). C'est un paradoxe quand on a besoin de se développer!» Daniel Christiaen et Mimoun Nejjari, respectivement directeur et président d'Animascope, sont bien conscients que le choix de leur statut n'est pas commun dans les biotechnologies. Créée en 2008, cette start-up fait de «l'imagerie préclinique avec une technique spécifique qui préserve l'animal vivant et qui permet des gains de temps et d'argent» pour leurs clients, des entreprises pharmaceutiques, des centres de R & D, des sociétés d'agroalimentaire, de biotechnologies, de toxicité environnementale,etc. Mais pour aborder tous les marchés visés, l'entreprise a besoin d'un ensemble d'équipements nécessitant 4M€ d'investissements, un bâtiment respectant des règles relatives au nucléaire, et une animalerie. «Dans notre métier, le ticket d'entrée est très élevé pour être multimodal, admet Daniel Christiaen. Mais nous ne resterons pas une petite épicerie et voulons donner un signal très fort sur l'avenir de la société.»
Capital risqueur
Ainsi, Animascope s'est rapprochée de l'Ides, une société de capital-risque. «Trouver un financement capitalistique est délicat en tant que Scop. Mais nous disposons d'un véhicule financier, les titres participatifs. Il s'agit d'une sorte d'obligation, sans droit de vote, non convertible. Ils sont à rembourser au bout de sept ans, ou plus. Ce n'est pas une épée de Damoclès car la société décide quand elle rembourse. Par contre, cela crée un vrai partenariat solide, inscrit sur la durée, qui conforte les perspectives.» Gilles Peyrot, président du directoire de l'Ides, estime lui aussi que le titre participatif «est un vrai fond propre qui renforce les moyens financiers de la société, sans pour autant en changer le profil. Intervenir dans une scop est très compliqué car il n'y a pas de notion de retour sur investissement. La rémunération du titre est fixe et complémentaire, en fonction des résultats de la société. L'avantage du statut coopératif est qu'il n'y a pas de risque que les financiers cèdent leurs parts à une partie non voulue: la société est encore plus indépendante.» Autre levier financier pour Animascope: elle vient d'être labellisée Eurêka, un programme européen de cofinancement pour la recherche. Son association avec la société britannique Immunocore, sur un projet de traceurs applicables en cancérologie et diabétologie, devrait lui amener 100.000€ de subventions.
Fusion avec Spectroscan
Gilles Peyrot est «intimement convaincu qu'Animascope est sur un marché en devenir... mais avec une montée en régime beaucoup plus lente qu'imaginée et donc avec des besoins financiers lourds. La fusion devrait permettre d'atteindre le point mort et de réduire les besoins financiers.» Animascope est effectivement en train de conclure sa fusion avec Spectroscan, une TPE de Crolles qui développe des applications industrielles de contrôle non destructif à base de technologie à rayon X. «Associer nos deux démarches similaires, eux sur le vivant, nous sur le matériel, nous offre une surface économique plus importante», estime Jean-Bernard Perrin, dirigeant de Spectroscan. «La fusion va redéfinir les perspectives de la société sur d'autres marchés», s'enthousiasme Daniel Christiaen.
Animascope
(Saint-Vincent-de-Mercuze) Effectif: 4 (10 fin 2011) CA 2010: 150.000€ (700.000€ en 2011) 04 76 97 94 87 @email