Depuis le début de la crise, la CCI de Saint-Étienne/Montbrison met un point d'honneur à concentrer ses efforts sur l'accompagnement des entreprises. Parmi les points d'attaque: la R&D. Elle a ainsi décidé de recruter un fédérateur dont la mission sera d'épauler les PME dans leur rapprochement avec les pôles de compétitivité. André Mounier, son président, répond à nos questions.
Tous les clubs d'entreprises, les organisations professionnelles... travaillent sur la crise et ont mis en place des dispositifs d'accompagnement. En quoi, la CCI se différencie-t-elle de tous ces acteurs?
Je crois qu'on a la légitimité et les compétences pour répondre à toutes les problématiques. La CCI est incontournable sur tous les sujets qui touchent aux entreprises. Depuis le début de l'année, on a un seul mot d'ordre ?À bas la crise, vive l'entreprise?. On a réagi très vite pour mettre en place une vraie politique de relance, avec de vraies actions.
Par exemple?
On a édité à 7.000 exemplaires un ?pocket-relance? avec les réponses aux premières questions de tout entrepreneur confronté à des difficultés et les contacts des services compétents à la CCI. On a aussi mis en place des conférences-débats pratiques, des conférences plus générales comme celle avec Jacques Marseille à la rentrée. De gros efforts ont aussi été faits sur la formation. Et puis, on essaie d'activer tous les leviers de relance: l'international, l'éco-conception, les réseaux... Nous allons maintenant mettre un gros coup d'accélérateur sur l'innovation. Nous allons recruter un fédérateur dont la mission va être d'amener les PME vers les pôles de compétitivité. Il est inadmissible que les grosses entreprises mobilisent la majeure partie des financements des pôles et que les PME ne soient pas plus impliquées. Il ne faut pas oublier que notre tissu est composé en majorité de petites entreprises qui n'ont pas le temps de se pencher sur des dossiers très compliqués. Ce fédérateur va essayer de rapprocher des entreprises sur des plateformes collaboratives pour travailler, simplement, sur des appels à projets.
Vous êtes opposé à la régionalisation des CCI mais est-ce que toutes ces actions n'auraient pas plus de poids si elles étaient régionales?
Je précise, je ne suis pas opposé à la réforme même si elle n'avait rien de prioritaire, ni à la régionalisation. Je pense qu'il serait bon d'avoir une chambre régionale pour le côté lobbying et politique. De même, il est important de mutualiser certains services supports pour réaliser des économies. Mais je ne veux pas qu'on retire aux CCI leurs actions de proximité. Pourquoi pas une chambre régionale, mais pas dans la forme qu'on nous propose aujourd'hui. Ceci dit, la loi doit être votée en fin d'année. Si elle passe, je m'y plierai bien entendu. Pour répondre à votre question, il est évident qu'il est plus intéressant de porter des projets à plus grande échelle.
Est-ce que dans ce contexte de crise, la CCI doit faire, elle aussi, des économies?
Oui, c'est évident. Notre budget de cette année n'est pas touché puisqu'il a été établi en fonction des recettes collectées l'année dernière. En revanche, on prévoit une taxe additionnelle à la taxe professionnelle, taxe qui fait vivre les CCI, en baisse de 7 à 10% pour 2010/2011. Il faudra élaborer un budget en conséquence. On y travaille déjà en essayant de réaliser le maximum d'économies.