Nommé délégué interministeriel en charge de la fermeture de Fessenheim mercredi en Conseil des ministres, Francis Rol-Tanguy n’a pas attendu 48 heures avant de venir rencontrer des salariés… remontés. C’est finalement dans le cadre feutré de la préfecture du Haut-Rhin, à Colmar, que Francis Rol-Tanguy, rapidement surnommé « Monsieur Fessenheim », a pu expliquer son futur rôle dans le projet de démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Quelques minutes plus tôt, vendredi matin, il s’était vu interdire l’accès au site nucléaire par 150 à 200 salariés et les syndicats, farouchement opposés à cette promesse de campagne de François Hollande. « Je comprends la réaction des salariés », a-t-il expliqué lors d’un point presse, « mais je partage aussi la décision du gouvernement, sinon, je n’aurais jamais accepté ce poste ».
Cette obstruction ne l’a pas découragé : « Le dialogue (avec la direction du site et les salariés, NDLR), ce sera pour la prochaine fois », explique celui qui, d’ici à 2016, date de fermeture définitive de la centrale, viendra de façon « très régulière » en Alsace.
Une méthode de travail dévoilée en février
Concrètement, il dispose d’une petite année avant la promulgation de la loi sur la transition énergétique qui entérinera la fermeture de la centrale nucléaire. Le décret publié mardi 11 décembre au Journal officiel l’enjoint de parvenir à un protocole d’accord avec EDF, incluant les problématiques économiques et sociales, humaine et territoriale, et de distribution énergétique avec RTE.
L’éventualité de faire de Fessenheim un site pilote pour le démantèlement des centrales fait également partie de sa feuille de route. « Je mettrai en place une méthode de travail que je détaillerai en février, après avoir rencontré tout le monde », espère-t-il.
En Alsace, Francis Rol-Tanguy devra surtout faire œuvre de diplomatie. Si un grand nombre de communes et d’intercommunalités locales ont voté des motions demandant la fermeture de la centrale, qui emploie 800 salariés en direct, les grandes collectivités et les syndicats se sont prononcés pour son maintien. Faisant fi des clivages traditionnels, on y retrouve donc du même côté la CGT, le Medef, l’UMP, etc.