On s’y attendait. Les rumeurs de fermeture du site de recherche et développement de Villeneuve-Loubet s’étaient peu à peu amplifiées, suite à l’annonce le 14 novembre dernier de la volonté de Texas Instruments d’arrêter ses activités de
microprocesseurs et de connectivité sans fil destinés aux smartphones et aux tablettes entraînant
la suppression de 1.700 emplois dans le monde.
Il n’empêche que la nouvelle tombée lors du Comité d’entreprise extraordinaire du 18 décembre a fait l’effet d’une bombe.
Le géant américain supprime 541 postes sur 609 en France, dont 517 sur le site azuréen. Sans compter les 150 sous-traitants qui y travaillent. Ne restera qu’une équipe de 27 personnes spécialisées dans les infrastructures de télécommunication qui sera relogée dans d’autres locaux.
Le site, qui avait fêté ses 50 ans en 2011 et abrité
jusqu’à 1.800 personnes dans les années 2000, fermera ses portes à la fin de l’année. Le groupe invoque
la concurrence d’Apple et de Samsung qui, en développant leurs propres microprocesseurs, ont entraîné la disparition de 50 % du marché.
Texas Instruments souhaite dorénavant mettre l’accent sur
les applications pour les voitures et la domotique. Les syndicats fustigent quant à eux «
les erreurs stratégiques commises » par la direction de la maison-mère. Parlent d’une « perte comparable à Florange, en nombre de salariés ». Et souhaitent « une reprise totale ou quasi partielle » des compétences, sur place.
Le site qui s’étend sur 20 hectares et compte 28.000m² de bâtiments sera, selon toute vraisemblance, mis en vente. Richard Camou, maire de Villeneuve-Loubet, annonce qu’il fera
« tout son possible pour que cet endroit ne serve pas à faire de la spéculation immobilière mais reste, en partie au moins, consacré à l’activité économique ».
Quel avenir pour les salariés ? Dans un communiqué, la direction déclare que
« Texas Instruments France va proposer un ensemble de mesures d’accompagnement avec l’objectif d’aider chaque salarié impacté à trouver une solution. Ces mesures prévoient, en particulier, une recherche de reclassement interne, un congé de reclassement, l’assistance d’un conseillé spécialisé pour aider à la recherche d’un emploi, des possibilités de formation, une aide technique et financière à la création d’entreprise,etc.». Il est également indiqué que le groupe « fera face à ses obligations à l’égard du bassin d’emploi de Villeneuve-Loubet. L’entreprise travaillera avec les représentants de l’État et les collectivités locales pour soutenir les initiatives qui permettraient de développer l’emploi dans ce bassin comme elle l’a fait avec succès à la suite du plan de réorganisation de 2009 en aidant à la création de près de 400 emplois, chiffre supérieur aux objectifs initiaux. » Maigre consolation !