Le projet Polygone Riviera, inauguré fin octobre, a nécessité 13 longues années de gestation…
Oui, c’est un délai particulièrement long. C’est en 2002 que Socri s’est porté candidat à l’aménagement de la ZAC Saint-Jean de Cagnes-sur-mer. Six ans ont été nécessaires pour concevoir le projet et obtenir les autorisations administratives qui vont bien, trois ans pour construire et commercialiser le centre. A titre de comparaison, le projet Polygone Beziers est sorti en 2010, sept ans après son lancement. Les projets d’envergure, surtout quand ils bouleversent les habitudes, sont généralement difficiles à monter en France. Or, celui-là est exceptionnel et confirme le positionnement de Socri comme l’orfèvre des centres commerciaux.
Qu’a-t-il d’exceptionnel ?
C’est le premier mall à ciel ouvert de France, mêlant shopping avec près de 150 enseignes, art et divertissement. C’est une réalisation unique en Europe de par sa qualité architecturale, sa composante artistique et l’importance des espaces verts qui s’étendent sur un parc de cinq hectares, traversé par un cours d’eau naturel, où 1.200 arbres ont été plantés. Il possède également la plus grande fontaine musicale d’Europe. Tout cela participe à l’attractivité du lieu qui, rappelons-le, constitue une destination mondiale touristique de premier ordre avec 34 millions de visiteurs chaque année. D’où l’implantation d’enseignes souvent inédites. Par exemple, c’est la première fois que le groupe H&M implante ses trois enseignes sur un même site, H&M, COS et Other Stories. Même chose pour le groupe Inditex avec ses enseignes Zara, Zara Home, Bershka, Pull & Bear et Massimo Duty.
Où en est la commercialisation du centre ?
98% des surfaces commerciales sont commercialisées, et 80% des magasins sont d’ores et déjà ouverts. D’ici à trois à six mois, la totalité des lots sera commercialisée. Nous avons reçu un très bon accueil de la part des enseignes qui, en cette période de crise, se concentrent sur les sites premium. En tout, ce sont 1.500 nouveaux emplois qui ont été créés sur le territoire.
Quel a été le rôle d’Unibail-Rodamco dans l’opération Polygone Riviera ?
Il y a deux ans, nous avons cherché un partenaire pour nous épauler dans cette opération. Socri s’est donc associé en 2013 à Unibail-Rodamco via une joint-venture pour porter le projet dont la réalisation a nécessité un investissement de 350 M€. Unibail s’est ainsi consacré à l’asset management, Socri gérant la maîtrise d’ouvrage, le pilotage et l’exploitation du site. La commercialisation est partagée entre les deux parties à 50%.
Quels objectifs vous êtes-vous fixé ?
Nous visons, à horizon trois à cinq ans, entre 8 et 10 millions de visiteurs par an.
La concurrence, avec la rénovation de Cap 3.000 à Saint-Laurent du Var et l’ouverture à venir de NiceOne à l’Allianz Riviera, ne va-t-elle pas impacter l’activité de Polygone Riviera ?
Il faut d’abord rappeler que le département était particulièrement sous-équipé en terme d’offres de centres commerciaux, la dernière réalisation – Nice Etoile – datant de 1986. Certes, les réalisations s’échelonnent, mais il s’agit de combler le retard. Nous sommes sur une zone à très fort potentiel regroupant 1,2 million d’habitants, sans compter le flux touristique.