« Les raisons sont directement liées au niveau d’activité qui, globalement, est resté faible, voire très faible dans certains secteurs », analyse Philippe Gautier, président de la FBTP06. Le plus sinistré reste celui des Travaux Publics, confrontés aux désengagements budgétaires des collectivités. Après avoir perdu 22% en 2014, le volume des appels d’offres s’est encore réduit de 0,5%. Et les perspectives pour 2016 ne s’annoncent pas meilleures. Certes quelques chantiers d’envergure sont programmés, comme la poursuite de la ligne 2 du tramway niçois ou la prolongation du bus-tram de Cannes Mandelieu, mais, dans la plupart des cas, « nous sommes cantonnés à parer les urgences faute d’entretien des infrastructures », regrette Philippe Renaudi, vice-président en charge des TP, qui craint une nouvelle perte de 200 à 300 emplois en 2016.
En ce qui concerne le bâtiment, « l’espoir est permis », ose Philippe Gautier. A fin septembre 2015, les mises en vente de logements neufs ont bondi de 22%. La rénovation, elle, a connu une certaine stabilité, confirmant son rôle d’amortisseur de crise. Toutefois, « cette stabilité est décevante au regard du potentiel que représentent les travaux à réaliser en terme de rénovation énergétique ». Car, qu’on se le dise, la filière reste porteuse d’avenir, que ce soit en matière de transition énergétique, de passage au numérique ou d’adaptation des réseaux à la ville de demain.
Le trou d'air qui agite le secteur du BTP azuréen depuis 2007 ne se résorbe toujours pas. Si la profession a réussi à ralentir la chute, détruisant 800 emplois en 2015 contre 900 lors de l’exercice précédent, elle enregistre tout de même une perte de 12,4% de ses effectifs depuis 2011.