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Alkern rejoint le cimentier suisse Holcim pour doubler de taille d’ici 2030
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Alkern rejoint le cimentier suisse Holcim pour doubler de taille d’ici 2030

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Le cimentier suisse Holcim s’apprête à racheter Alkern, un fabricant de béton préfabriqué basé à Harnes, dans le Pas-de-Calais. Ce changement d’actionnaire doit renforcer la stratégie d’acquisitions d’Alkern en France et en Belgique, en vue de doubler son activité à horizon 2030.

Xavier Janin, président d'Alkern — Photo : Alkern

Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton, va passer sous le giron du groupe cimentier suisse Holcim (28 Md€ de CA en 2024). Soumise à l’Autorité de la Concurrence, l’opération sera finalisée au plus tard en octobre. Avec le soutien de ce nouvel actionnaire, Alkern veut doubler son chiffre d’affaires et ses effectifs d’ici 2030. Basé à Harnes (Pas-de-Calais), l’industriel emploie 1 000 collaborateurs et réalisait en 2024 un chiffre d’affaires de 246 millions d’euros.

Une nouvelle typologie d’actionnaires

Ce rachat marque un virage pour Alkern, détenu par des fonds d’investissement depuis 2010. Fondée en 1972 sur ce site d’Harnes par la famille Hecquet, l’entreprise a ensuite été rachetée en 1990 par le groupe anglo-américain Tarmac, avant d’être cédée à un premier fonds. "Durant quinze ans, les fonds nous ont accompagnés sur des acquisitions, qui ont conduit l’entreprise à doubler de taille", rapporte Xavier Janin, président du groupe Alkern.

Le dernier actionnaire en date, le fonds d’investissement Chequers Capital, sort ainsi après 8 ans. "Les fonds d’investissement ne vont plus vers le secteur de la construction, en net ralentissement. Et nous ne sommes pas prêts pour une entrée en Bourse. L’option restante était de s’adosser à un industriel. Holcim connaît bien notre secteur d’activité et se projette sur un temps plus long", résume Xavier Janin.

Nouvelles acquisitions en vue

L’autonomie des équipes, le maintien de la marque et du modèle économique sont garantis dans le cadre de cette reprise. Quant à l’objectif fixé à horizon 2030, il sera atteint "essentiellement grâce à la croissance externe, note le dirigeant, qui constitue depuis toujours la stratégie de l’entreprise, avec une acquisition par an en moyenne". Il y aura toutefois un léger ajustement : "Notre dernière stratégie prévoyait d’aller chercher 15 % de l’activité hors de France et de Belgique. Le rachat par Holcim ne nous permettra finalement pas de sortir de ce périmètre. En revanche, il nous conduira à réaliser à l’avenir des acquisitions plus importantes dans ces deux pays".

Un marché atomisé

Ces opérations portent sur des PME familiales, courantes sur ce marché atomisé, "avec souvent une troisième génération de dirigeants sans successeurs ou n’ayant plus les moyens d’investir". Les cibles évoluent sur l’un des trois marchés d’Alkern, qui produit à un tiers pour le BTP (parpaings, bordures, etc.), un tiers pour les travaux publics (boîtes de branchement TP, massifs pour fixer les bornes de recharge électriques, etc.) et à un tiers pour l’aménagement extérieur (pavés…). Un équilibre qu’il souhaite maintenir, car il permet de compenser le ralentissement d’un marché, comme actuellement la construction. L’industriel compte à date 57 sites de production, dont deux en Belgique. La prochaine acquisition devrait avoir lieu début 2026.

De nombreuses synergies

Cette reprise offrira enfin de nouveaux débouchés aux solutions d’Alkern pour la construction. D’autant qu’Holcim entend accélérer dans ce secteur, qui représente 30 % de son activité (contre 70 % pour les matériaux : granulats et ciment), en la portant à 50 % d’ici 2030. Alkern développe depuis 4 ans des solutions durables (drainage des eaux de pluie, emploi de granulats recyclés, recettes de béton optimisées, etc.) qui intéressent particulièrement Holcim dans le cadre de sa décarbonation.

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