Mais quelle mouche a bien pu piquer Alain Le Vern ? En annonçant le 12 septembre dernier par le biais d'un communiqué laconique qu'il quittait ses fonctions de président de la région, l'élu a surpris tout son monde, à commencer par ses amis politiques. L'ancien instituteur, qui ne se privait pas d'évoquer en public son « retriplement » à la tête de la collectivité régionale, semblait se diriger tout droit vers un quatrième mandat avant le revirement brutal que l'on sait. Sur la forme, l'annonce en contre-pied de son départ reste assez conforme au personnage, combatif mais indépendant. Sur le fond, sa décision n'est pas sans rappeler celle prise il y a un peu plus de deux ans maintenant par celui qui fut son principal adversaire politique au plan régional, l'ancien maire du Havre Antoine Rufenacht qui s'était retiré pour mieux préparer le terrain à son dauphin désigné Édouard Philippe dans la perspective des élections municipales de 2014. Cette fois-ci, c'est Nicolas Mayer-Rossignol, jeune vice-président du Conseil régional (36 ans), qui pourrait bien devenir le grand gagnant de l'opération. C'est en tout cas ce que souhaite Alain Le Vern qui l'a clairement désigné comme le plus apte à lui succéder. Suffisant pour assurer son élection dans un fauteuil ? Son implantation locale relativement récente (2008) ne plaide pas en sa faveur, mais le soutient de Laurent Fabius dont il est le conseiller au Quai d'Orsay devrait être déterminant.
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