Alain Cottalorda : Monsieur Économie

Alain Cottalorda : Monsieur Économie

Président de l'agence économique de l'Isère (AEPI) et de la Capi, le maire de Bourgoin-Jallieu cumule les mandats locaux. À 62ans, Alain Cottalorda s'engage en effet pour son territoire depuis plus de vingt ans. Tout en gardant la passion des premiers jours. Vanessa Genin

S'il existait un feuilleton télévisé pour mettre en lumière le métier d'élu local, Alain Cottalorda pourrait sans nul doute décrocher le premier rôle. Élu depuis plus de 20 ans à Bourgoin-Jallieu, il est en effet l'archétype de l'homme politique qui s'investit pour son territoire, sans trop se soucier des appareils de partis.




Du concret

L'élu qui parle de projets, d'avenir du territoire, de développement économique... Tout en restant très concret. Ne comptez pas sur lui pour lancer des phrases aux allures de slogans. Il préfère expliquer en quoi les clusters Métis (dédiés aux textiles innovants) et PV Alliance (pour la création d'une filière photovoltaïque en Isère) sont essentiels à la bonne santé économique du territoire. «Même si la création d'entreprise n'est pas directement une affaire d'élus, les collectivités locales doivent avoir une responsabilité économique, insiste-t-il. Quitte à parfois se regrouper pour avoir les moyens de ses ambitions.» Et il cite le cas de Minatec, pôle d'excellence destiné aux micro et nano technologies, qui n'aurait peut-être pas vu le jour si le conseil général n'en avait pas pris la maîtrise d'ouvrage. «Les élus n'ont pas à être des techniciens, précise-t-il. Mais ils doivent être capables de comprendre les enjeux stratégiques pour arbitrer dans le choix des projets. Car cela ne sert à rien de lancer plus de projets que l'on est capable d'en financer...»




La passion des livres

Pour autant, Alain Cottalorda n'est pas du tout tombé dans la politique quand il était petit. «À la maison, on ne parlait jamais de politique, confie-t-il. Et on ne peut pas dire que je viens d'une famille de gauche». Né d'un père avocat, Alain Cottalorda a cependant gardé en héritage familial la passion des livres. «J'avais un oncle éditeur de livres d'art», ajoute-t-il. Une passion qui l'a peut-être conforté dans son choix de mener des études universitaires en sciences humaines, puis à l'Institut d'études politiques de Lyon et jusqu'à une thèse en urbanisme qu'il soutiendra à la Sorbonne. Il mène alors une carrière d'urbaniste dans plusieurs services liés aux collectivités locales. Une carrière sur laquelle le conseiller général n'est pas très prolixe. Il faut dire que tout le monde le connaît pour ses nombreuses autres casquettes. Maire de Bourgoin-Jallieu, président de la communauté d'agglomération Porte de l'Isère (Capi), conseiller général et président de l'agence d'études et de promotion de l'Isère (AEPI), Alain Cottalorda cumule les mandats locaux.




«Le CSBJ fait partie de notre patrimoine»

Ces fonctions remplissent bien son agenda. «Je ne veux pas être élu pour avoir un titre sur la carte de visite, explique-t-il. Je le fais pour m'impliquer.» C'est d'ailleurs pour cela qu'il avait choisi de démissionner de son poste de vice-président du conseil général de l'Isère chargé de l'industrie et de la recherche quand il a été élu à la présidence de la Capi. Ce qui ne l'a toutefois pas empêché d'accepter la présidence de l'AEPI par la suite... «C'est vrai que c'est tout aussi prenant, reconnaît-il. Mais j'avoue que ça me plaît beaucoup de rester en contact direct avec les acteurs économiques du département. Il existe de vrais projets très mobilisateurs...» Alain Cottalorda les suit de près. «J'ai beaucoup appris de la culture grenobloise, qui devient même iséroise, qui consiste à travailler en réseau, entre collectivités locales, industriels et chercheurs, explique-t-il. Et dans les débats, les collectivités participent vraiment, elles ne sont pas là juste pour faire de la figuration ou apporter des subventions.» Son dernier combat concerne le club de rugby de Bourgoin-Jallieu: l'association CSBJ - Rugby, avec le soutien de la mairie, vient de signer un protocole d'accord pour racheter le club à Pierre Martinet. «Le club fait partie de notre patrimoine», justifie-t-il.