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Airbus se dote d’une nouvelle chaufferie biomasse à Toulouse
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Airbus se dote d’une nouvelle chaufferie biomasse à Toulouse

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L’installation d’une seconde chaudière biomasse va permettre à Airbus de couvrir 86 % des besoins de chaleur à partir d’énergies renouvelables de ses sites toulousains. L’avionneur a mobilisé un investissement de 27 millions d’euros, soutenu aux deux tiers par l’Ademe.

La nouvelle chaufferie biomasse d’Airbus a été inaugurée le 3 octobre 2024 à Toulouse — Photo : Airbus

Équipées depuis 2013 d’une chaudière biomasse vapeur d’une puissance de 14 MW (30 GWh par an), les installations d’Airbus à Toulouse (lignes d’assemblage, peinture d’avions et activités tertiaires) viennent de se doter d’une nouvelle chaufferie biomasse d’une puissance de 20 MW. Elle permettra de remplacer une grande partie du gaz naturel utilisé jusqu’à présent par une production d’origine biomasse (80 GWh par an).

Un réseau de chauffage interne de 15 km

Conçue et réalisée en collaboration avec Engie Solutions (16 000 salariés, CA 2023 : 5,8 Md€), dont une centaine de collaborateurs accompagne le site toulousain du constructeur aéronautique depuis plus de 40 ans sur des activités de maintenance et de conduite des installations de production d’énergie et d’amélioration de la performance énergétique, elle a mobilisé un investissement de 27 millions d’euros, dont 18 millions d’euros provenant d’Airbus. Lauréate de l’appel à projets BCIAT 2020 - Biomasse Chaleur pour l’Industrie, l’Agriculture et le Tertiaire – de l’Ademe, le nouvel équipement a bénéficié d’une aide technique et financière de 9 millions d’euros.

Conçue et réalisée en collaboration avec Engie Solutions, la nouvelle chaufferie biomasse d’Airbus a mobilisé un investissement de 27 millions d’euros — Photo : Philippe Kallenbrunn

Les deux installations biomasse, d’une puissance totale de 34 MW, sont reliées et alimentent un réseau de chauffage interne de 15 kilomètres. Elles vont profiter à 21 000 salariés d’Airbus qui œuvrent sur une zone industrielle de 700 hectares regroupant les sites Jean-Luc Lagardère, Saint-Martin du Touch, Louis Bréguet et Clément Ader. Au total, plus de 60 bâtiments, soit 800 000 m² de bureaux et de locaux industriels, sont concernés. L’ensemble des deux chaufferies couvrira 86 % des besoins de chaleur à partir d’énergies renouvelables et permettra d’éviter l’émission de 26 000 tonnes de CO₂ par an.

25 000 tonnes de bois par an

“Dix à douze camions, transportant chacun 30 tonnes de copeaux de bois, viendront alimenter le site cinq jours par semaine”, explique Thibault Elias, responsable d’exploitation Engie Solutions pour les sites d’Airbus à Toulouse. Entre 20 000 et 25 000 tonnes de bois, issus de plaquettes forestières et de déchets (du broyat de palettes logistiques sur les sites d’Airbus par exemple) collectés dans un rayon maximum de 120 kilomètres, seront ainsi consommées chaque année. La nouvelle chaufferie fonctionnera d’octobre à avril.

Responsable d’exploitation Engie Solutions pour les sites d’Airbus à Toulouse, Thibault Elias explique le fonctionnement de la nouvelle chaudière biomasse d’Airbus — Photo : Philippe Kallenbrunn

De mai à septembre, “le seul consommateur de chauffage est une partie du process peinture des avions”, poursuit Thibault Elias. Une centrale gaz, située sur le site Clément Ader, prend alors le relais, qui est aussi capable de venir en support de l’installation biomasse lors des périodes de grand froid. Selon Gaëtan Daujean, chargé de mission du Pôle transition énergétique de l’Ademe Occitanie, “l’installation d’une chaufferie biomasse coûte cinq fois plus cher qu’une chaufferie gaz classique”.

Airbus veut réduire ses émissions de 63 % d’ici à 2030

Ce projet s’inscrit dans la stratégie globale de décarbonation mise en place par Airbus pour réduire l’impact carbone des sites de l’agglomération toulousaine où se trouvent le siège social et les lignes d’assemblage final des avions courts, moyens et longs courriers de l’avionneur européen. Il complète les actions engagées depuis 2015 dans le cadre du Contrat de Performance Énergétique qui a déjà permis de réduire de près de 30 % les consommations énergétiques des sites concernés. L’avionneur poursuit l’ambition de réduire de 63 % ses émissions industrielles de gaz à effet de serre d’ici à 2030.

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