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Air Liquide construit le plus grand électrolyseur d’Europe près de Port-Jérôme-sur-Seine
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Air Liquide construit le plus grand électrolyseur d’Europe près de Port-Jérôme-sur-Seine

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Implanté à Saint-Jean-de-Folleville (Seine-Maritime) tout proche de la zone industrielle de Port-Jérôme-sur-Seine, 500 personnes travaillent sur le chantier de Normand’Hy, le plus grand électrolyseur d’Europe porté par Air Liquide avec un investissement de 450 millions d’euros, dont la puissance de 200 MW doit lui permettre de produire 28 000 tonnes d’hydrogène bas carbone par an d’ici 2026.

Le chantier du futur électrolyseur Normand’Hy porté par Air Liquide à Saint-Jean-de-Folleville — Photo : Adrien Daste - Air Liquide

C’est l’aboutissement d’un projet annoncé il y a cinq ans : Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie, avait fait le déplacement à Port-Jérôme-sur-Seine en 2022 pour confirmer la volonté de l’État de lancer un électrolyseur de très grande puissance (200 MW) destiné à produire 28 000 tonnes d’hydrogène vert, autrement dit, sans émission de CO2. Le groupe français Air Liquide (66 500 salariés) était en bonne place pour emporter l’appel d’offres, notamment depuis qu’il avait repris le contrôle du chantier initialement porté par la société d’ingénierie indépendante H2V Industry, en octobre 2021. Rebaptisé alors Normand’Hy, le chantier a été implanté sur une zone de 10 hectares à Saint-Jean-de-Folleville, dans l’environnement proche de la zone industrielle de Port-Jérôme-sur-Seine.

Une quarantaine d’emplois pérennes

"Depuis le début des fondations de l’usine en avril 2024, près de 650 000 heures de travaux ont été nécessaires pour construire Air Liquide Normand’Hy, dont les travaux se termineront l’année prochaine, annonce Nicolas Droin, directeur général Air Liquide France Industrie. Ces derniers mois, au pic de l’activité du chantier, 500 personnes ont été mobilisées sur le site. À terme, une quarantaine d’emplois pérennes seront créés pour assurer le fonctionnement de l’électrolyseur et du centre de conditionnement. Sans compter les emplois directs et indirects qui seront générés pour assurer la logistique de l’hydrogène pour la mobilité de l’Axe Seine".

Ces derniers mois, au pic de l’activité du chantier, 500 personnes ont été mobilisées sur le site — Photo : Air Liquide

La future usine fournira de l’hydrogène renouvelable et bas carbone pour des applications industrielles et pour contribuer à la décarbonation de la mobilité intensive. La majeure partie de la production approvisionnera la raffinerie TotalEnergies de Gonfreville-l’Orcher, pour accompagner ce client d’Air Liquide dans ses efforts de décarbonation. "Au-delà de l’électrolyseur, Air Liquide va également mettre en place une nouvelle chaîne logistique de conditionnement et d’acheminement de l’hydrogène, pour accompagner le développement de la mobilité bas carbone de l’Axe Seine", ajoute le directeur général. La mise en service progressive du site et le début d’approvisionnement à TotalEnergies sont prévus courant 2026.

Nicolas Droin, directeur général Air Liquide France Industrie : "Air Liquide va mettre en place une nouvelle chaîne logistique de conditionnement et d’acheminement de l’hydrogène, pour accompagner le développement de la mobilité bas carbone de l’Axe Seine" — Photo : Air Liquide - Mourad Mokrani

Utiliser l’eau de la Seine

L’électrolyse consiste à "casser", c’est-à-dire à séparer, les molécules d’eau (H2O), qui sont constituées de deux atomes d’hydrogène (H2) et d’un atome d’oxygène (O2), à l’aide d’un courant électrique et d’une membrane à échange de protons (PEM). "Pour ce faire, nous avons besoin d’une alimentation en eau et en électricité, précise Nicolas Droin. L’eau que nous exploitons provient de la Seine (à raison de 200 m3 par heure), à quelques kilomètres seulement du site d’Air Liquide Normand’Hy. Après avoir été pompée puis traitée, l’eau est purifiée dans notre usine pour atteindre la qualité nécessaire en vue de son utilisation dans nos électrolyseurs. L’eau restante à l’issue du processus d’électrolyse est traitée avant d’être renvoyée à son milieu naturel".

L’électrolyse consiste à séparer, les molécules d’eau, qui sont constituées de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène, à l’aide d’un courant électrique et d’une membrane à échange de protons — Photo : Adrien Daste - Air Liquide

L’électricité est quant à elle acheminée vers la future usine via deux lignes de raccordement RTE du réseau "ambition EnR" : ces deux lignes de 125 kilovolts tirées depuis les réseaux haute tension de Sandouville et Port-Jérôme fournissent des énergies renouvelables (principalement solaires) en alternance avec le réseau électrique français, "toujours dans cette optique de limiter le plus possible l’impact environnemental de notre installation et de produire ainsi de l’hydrogène bas carbone et renouvelable", assure le directeur général.

La Normandie, région stratégique

L’implantation en Normandie de l’électrolyseur ne relève pas du hasard : région stratégique pour Air Liquide, le groupe est historiquement lié au bassin havrais où l’entreprise est implantée depuis plus de 50 ans et y possède déjà un réseau hydrogène connecté à de nombreux clients via un important réseau de canalisations. De plus, la Normandie est le premier bassin hydrogène en France, représentant près d’un tiers de la consommation nationale en hydrogène. En parallèle, la Normandie pèse pour environ 13 % des émissions de CO2 de l’industrie en France. Or, le Normand’Hy évitera l’émission de plus de 250 000 tonnes de CO2 par an. "Ce territoire, qui associe à la fois un écosystème industriel majeur et de nombreuses initiatives en matière de transition énergétique, était donc le lieu idéal pour y installer le futur plus grand électrolyseur PEM d’Europe d’une capacité de 200 MW, actuellement en construction à Saint-Jean-de-Folleville, dans la zone industrielle de Port-Jérôme-sur-Seine", estime Nicolas Droin.

En Normandie, Air Liquide a consenti un investissement de plus de 450 millions d’euros — Photo : Air Liquide - Adrien Daste

Pour le projet global Air Liquide Normand’Hy désignant l’électrolyseur et le centre de conditionnement, le groupe français a consenti un investissement de plus de 450 millions d’euros. Auquel l’État français a apporté son soutien à hauteur de 190 millions d’euros, autorisés par l’Union Européenne et financés par l’État dans le cadre du Plan de Relance et de France 2030.

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