Depuis 2013, Aguettant a investi quelque 46 millions d'euros dans ses infrastructures et ses outils de production. Comment ces investissements ont-ils été ventilés ? Initialement, en 2012, le projet d'investissement était estimé à 22 millions d'euros ; enveloppe qui se limitait au seul site industriel et au laboratoire. Nous avons finalement décidé d'élargir le périmètre de ce projet en incluant toute la partie tertiaire. La somme des investissements sur notre nouveau site de Gerland - qui a entièrement fait peau neuve - est de 40 millions d'euros. Nous avons également procédé à des investissements de 6 millions d'euros complémentaires sur notre deuxième site de production à Champagne, en Ardèche.
Quelle stratégie de développement accompagne cette enveloppe d'investissements ?
Aguettant a une histoire très franco-française avec des produits à plus ou moins grande valeur ajoutée. Notre priorité business a donc d'abord été de moderniser les infrastructures et l'ensemble de l'appareil de production. Ceci doit être à présent accompagné par une stratégie d'internationalisation de nos activités, doublé d'un virage vers l'innovation et vers la différenciation de notre offre. L'enjeu est de mobiliser notre savoir-faire pour mettre sur le marché des médicaments beaucoup plus " valeureux " répondant à un besoin thérapeutique et qui, économiquement, sont mieux orientés.
Est-ce le cas des " device " (dispositif médicaux) présentés sous forme de seringues préremplies que votre laboratoire a récemment breveté ?
Ces seringues représentent clairement un des éléments de l'avenir de l'entreprise. Elles renferment des molécules qui étaient jusqu'alors disponibles dans des formats nécessitant une reconstitution et une préparation pouvant engendrer une perte de temps pour les équipes hospitalières et d'importants risques d'erreurs médicales. Nous venons sur le marché, dans ce cas précis, avec des solutions prêtes à l'emploi qui n'existent pas ou peu selon les pays. Ces seringues sont la preuve de concept qui montre que l'on sait développer des médicaments injectables différenciants. Dans cet exercice, nous avons été capables de mobiliser toute la chaîne de valeur de l'entreprise, ce qui est fondamental pour nous aujourd'hui.
Quid de votre politique d'internationalisation un an après la signature avec la firme Baxter d'un accord de licence mondiale pour distribuer vos produits de nutrition parentérale dans 44 pays ?
Dans le cadre de ce deal stratégique signé avec Baxter, nous avons pour l'heure lancé ces 44 produits en Europe. Baxter les commercialise mais nous en gardons la propriété industrielle. Progressivement, nous allons proposer ces produits sur le reste de la planète.
Quels marchés visez-vous en priorité ?
Nous avons structuré notre réseau de partenaires et nos filiales en Europe (Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Benellux et Italie) et en Asie (Vietnam). Nous ciblons également l'Amérique du nord en particulier le Canada où nous avons un partenariat avec lequel nous enregistrons et lançons nos produits localement. Enfin, nous travaillons à l'accès au marché étasunien.
Allez-vous renforcer vos équipes à l'international ?
Nous l'avons déjà fait : sur nos 540 collaborateurs, une cinquantaine travaille dans nos filiales. Mais immanquablement, nous allons devoir chercher des expertises nouvelles. Nous étions il y a peu encore sur un niveau qui n'était pas tout à fait aligné sur les standards de la FDA (l'agence d'homologation américaine). Cela va demander à Aguettant - qui est une entreprise familiale centenaire - de changer certains de ses process, Ce virage FDA va supposer un effort de formation, de management et d'internationalisation des cultures.
Aguettant
(Lyon) Président du directoire : Eric Rougemond 540 salariés CA 2015 : 106 millions d'euros www.aguettant.fr