Agroalimentaire et métaux critiques : un accord commercial va faciliter les échanges entre l’UE et l’Australie
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Agroalimentaire et métaux critiques : un accord commercial va faciliter les échanges entre l’UE et l’Australie

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne a approuvé, avec Anthony Albanese, Premier ministre australien, un accord de libre-échange entre l’UE et le continent océanique. De nombreux secteurs sont concernés dans le domaine de l’agroalimentaire. Il prévoit aussi de faciliter les importations de métaux critiques, une ressource rare en Europe.

Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Anthony Albanese, Premier ministre australien le 22 mars 2026 à Canberra (Australie) — Photo : European Union, 2026, CC BY 4.0 

Après le Mercosur et l’Inde, l’Union européenne s’associe avec l’Australie pour renforcer ses liens commerciaux. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Anthony Albanese, ont approuvé le 22 mars 2026 le texte final d’un accord de libre-échange. Cet accord doit encore être approuvé par le Conseil européen avant d’être définitivement signé par les deux parties.

Vers une hausse de 30 % des exportations

Bruxelles anticipe une hausse des exportations de l’UE vers l’Australie de 30 % dans les 10 années à venir alors qu’elles atteignaient 37 milliards d’euros en biens en 2025 et 31 milliards d’euros en services en 2024.

Certains secteurs devraient en profiter davantage comme les produits laitiers, les véhicules à moteur et les produits chimiques. Les PME sont aussi concernées et sont ciblées par un chapitre dédié "afin de les aider à accroître leurs exportations", selon la Commission.

Cet accord permet, selon l’UE, de garantir que les importations seront davantage "alignées sur les propres normes de production de l’UE en matière de climat, d’environnement et de bien-être animal".

Agroalimentaire : des droits de douane à zéro

Alors que l’UE avait déjà une balance commerciale positive avec l’Australie dans l’agroalimentaire (2,3 milliards d’euros), cet accord prévoit de faciliter les échanges dans ce domaine.

Les droits de douane tomberont en effet à zéro sur tous les produits comme les fromages, le vin et le vin mousseux, certains fruits et légumes, le chocolat, le sucre, les confiseries et la crème glacée ainsi que d’autres produits agricoles transformés.

Environ 400

Au total, 99 % de taxes seront supprimées réduisant "de quelque 1 milliard d’euros par an" les droits de douane, affirme la Commission européenne.

Des protections pour les secteurs agricoles sensibles

La viande bovine, ovine et caprine, le sucre, certains produits laitiers et le riz sont concernés par des réductions de droits de douane "soigneusement calibrées" en matière d’importations.

Dans la filière de la viande, les producteurs ovins et bovins se sont récemment inquiétés de cet accord. Ils ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron demandant d’exclure leurs produits du texte de libre-échange.

La Commission de son côté défend la mise en place d’un mécanisme de sauvegarde bilatéral qui permettra à l’UE de prendre des mesures "pour protéger les produits européens sensibles et leurs producteurs dans le cas peu probable d’une augmentation soudaine des importations en provenance d’Australie causant un préjudice au marché de l’UE", précise la Commission européenne.

165 indications géographiques agricoles et alimentaires et 231 indications géographiques de boissons spiritueuses sont par ailleurs protégées.

Un accès aux matières premières critiques renforcé

L’Australie étant productrice et exportatrice d’aluminium, de lithium et de manganèse, l’enjeu de cet accord est aussi de faciliter les importations de ces matériaux critiques. Pour la Commission, il s’agit de "garantir les chaînes d’approvisionnement en matières premières critiques en abaissant les droits de douane sur les importations et en ouvrant les possibilités d’investissement".

De quoi permettre aux entreprises européennes de sécuriser leur approvisionnement en métaux critiques alors que l’UE a récemment adopté le plan "ReSourceEU".

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