Agri Ethique : Objectif : 40.000 tonnes de blé vendus en commerce équitable
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Agri Ethique : Objectif : 40.000 tonnes de blé vendus en commerce équitable

AGRICULTURE Filiale de la Cavac, Agri Ethique propose de commercialiser un blé à prix garanti sur trois ans aux producteurs. La Boulangère ou encore Tradeoz jouent le jeu.



Première coopérative vendéenne, Cavac commercialise des animaux (bovins, porcs, lapins...)ou encore des céréales et légumes. Nouveauté : une partie croissante des collectes de blé porte un label Agri-Ethique. Ludovic Brindejonc, vous êtes directeur général d'Agri-Ethique. Il s'agit d'un commerce équitable franco-français ? Tout à fait. Meuniers, boulangeries et industriels s'engagent sur un volume et un prix du blé fixés à l'avance pour trois ans. Sur 2016-2018, le prix payé au producteur s'établit ainsi à 180 euros la tonne. L'intérêt ? Avoir un prix garanti, donc une part de revenu assurée et une visibilité pour les agriculteurs locaux. En retour, on les accompagne dans de bonnes pratiques environnementales. Effectivement, on peut parler de commerce équitable. Bien que, dans l'imaginaire collectif, ce terme renvoie au soutien apporté aux petits producteurs, de café par exemple, des pays en développement. On devrait davantage y recourir en France : on y rencontre certaines difficultés similaires à celles rencontrées dans de nombreux pays
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Qui fixe le prix ? Cavac ?
Ce sont les acteurs de la filière qui se mettent d'accord pour trouver un tarif à la fois rémunérateur pour l'agriculteur et qui reste intéressant pour les transformateurs. Vous luttez contre des fluctuations violentes des cours du blé. Quels écarts les prix ont-ils connu ces dernières années ? Les prix ont connu de très fortes variations : de 250 euros la tonne de blé en 2010, à 130 euros début mars 2016 ! Prix qu'on risque de voir remonter en flèche à l'avenir. Sur une seule journée, le tarif peut fluctuer de 30 à 40 euros. Ce fut le cas après l'embargo concernant la Russie. Même les plus grands prévisionnistes ont du mal à prévoir ce qui va se passer. Aujourd'hui, on a atteint un prix extrêmement bas : à 130 euros, soit 110 payés au producteur, ce dernier ne vit pas de son métier avec un tel tarif, situé en dessous du coût de revient. Conséquence, le nombre d'exploitations diminuera en 2016.

À quel niveau de volume se situe la collecte ? Pour 2016, vous visiez les 80.000 tonnes. Visiblement ce sera moins...
En 2015, les volumes ont représenté un peu moins de 25.000 tonnes, pour 40.000 tonnes prévues cette année. Certes, on tablait sur 80.000 tonnes pour 2016... Il faut bien se donner des objectifs à atteindre. Mais ce n'est pas une course, on travaille sur la durée. La démarche n'est pas non plus purement commerciale. Au départ la Cavac voulait lancer une action autour de la RSE.

Combien de professionnels de la filière avez-vous fédérés ?
Aujourd'hui, on réunit huit coopératives, 600 agriculteurs répartis sur le littoral ouest, autour de Toulouse et en Rhône Alpes, autant de boulangeries, 14 moulins, et quatre industriels comme La Boulangère, La Panière, la Crêperie Jarnoux en Bretagne qui vend des galettes de blé noir, ou encore Tradeoz, une boulangerie industrielle nantaise.

Outre l'engagement social, quel intérêt y voient les transformateurs ?
Du côté du meunier, c'est moins de stress, car il connaît les prix pendant trois ans, alors qu'auparavant il se fixait au gré des discussions entre partenaires à chaque contrat annuel. Si on ne parle plus de prix, ça libère du temps pour parler des aspects variétaux, techniques, etc. L'industriel sera plus serein pour faire son business plan à moyen terme. Aucun industriel, meunier ou boulanger ne profite d'une flambée subite des prix. Enfin, c'est un gage de sécurité et de qualité d'approvisionnement. Aujourd'hui ils ont intérêt de donner les moyens aux agriculteurs de bien produire.

L'argument de l'outil de communication, ça fonctionne ?
Tout à fait. Un boulanger envoie un message
auprès des consommateurs : « je contribue à sécuriser la filière ». Quant aux industriels, ils


affichent le logo Agri-Ethique.
Depuis peu
vous le voyez par exemple sur des brioches
bio à marque La Boulangère vendues en grandes surfaces.
Propos recueillis par F.G.

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