Affacturage et Dailly : Des instruments pour gérer la sortie de crise?

Affacturage et Dailly : Des instruments pour gérer la sortie de crise?

En sortie de crise, quand les fonds propres de l'entreprise ont été amputés, la trésorerie malmenée et que les banques font la fine bouche, l'affacturage et le Dailly sont des moyens de répondre à la hausse du BFR induite par la reprise d'activités.

«Avec la reprise de l'activité et la hausse du besoin en fonds de roulement, les entreprises devraient ressentir plus nettement l'effet des pertes 2009 sur leur trésorerie», explique Jean-Michel Pondemer, courtier indépendant, pour qui 2010 pourrait être «l'année de l'affacturage». L'affacturage est un outil de financement qui s'appuie sur le poste clients: l'entreprise émet une facture payable, par exemple, à 60 jours qu'elle cède à un tiers - la société d'affacturage ou factor -, qui se chargera de son encaissement, voire de son recouvrement, mais règle sous 48 h son montant à l'émetteur. La société d'affacturage n'accepte d'acheter des factures que sur des clients qualifiés de solvables ou par elle-même, auquel cas elle intègre le service assurance-crédit, ou par l'assureur-crédit. L'assurance-crédit et l'affacturage sont deux outils distincts mais souvent complémentaires destinés à faire face aux risques d'impayé, un risque évalué entre 0,05% et 1% du chiffre d'affaires dans le B-to-B, selon les secteurs d'activités, et à financer rapidement la trésorerie. Si l'existence d'un contrat d'assurance-crédit dans l'entreprise n'est pas connue des clients, l'entreprise est le plus souvent obligée de porter à la connaissance de ses clients qu'elle utilise les services d'un factor. Cette technique est toutefois entrée dans les moeurs et la seule barrière peut être d'ordre psychologique chez des entrepreneurs habitués à se faire financer exclusivement par leurs banquiers.




Bien évaluer le coût

Autre méthode pour financer rapidement sa trésorerie, le Dailly, du nom du sénateur à l'origine de cette mesure, qui permet à une entreprise de bénéficier de crédit en contrepartie de la production de documents (hors effets de commerce) représentatifs de créances sur ses clients ou sur une collectivité publique (État, Région, Département, commune), comme un crédit de TVA, une subvention accordée mais non encore versée ou une indemnité d'assurance en attente de règlement. Si certains experts-comptables estiment qu'un factor coûte moins cher que la mise en place d'une procédure interne, ils attirent en revanche l'attention sur le coût du Dailly. Des juristes déconseillent par ailleurs cette procédure au risque pour le cédé de ne plus pouvoir se prévaloir des exceptions qu'il aurait pu opposer à son fournisseur, en cas de litige. Par ailleurs, la cession Dailly n'est pas un moyen de recouvrement et le bénéficiaire du crédit doit continuer à suivre le recouvrement de ses créances.