Une présidente spécialiste des transports
C’est une spécialiste des transports qui a été élue à l’unanimité à la tête du conseil de surveillance. Ex-présidente de la RATP et de la SNCF, ancienne secrétaire d’Etat aux Transports, représentante du ministre des Affaires étrangères pour les relations économiques avec les Emirats Arabes Unis, Anne-Marie Idrac est aussi consultante et administratrice de plusieurs sociétés. « Le fil rouge de mon parcours, c’est l’intérêt général », assure-t-elle. « Cette présidence est une belle mission d’intérêt général, qui fait travailler ensemble public et privé, et c’est également passionnant d’être dans la capitale aéronautique européenne ». A la question l’interrogeant sur d’éventuels objectifs de rentabilité qu’auraient pu lui donner les actionnaires majoritaires de Casil Europe (société de droit français créée par le consortium chinois Symbiose), elle répond sans détour : « L’objectif de rentabilité n’était pas à l’ordre du jour. De toutes façons, l’équation économique d’un aéroport est très régulée en Europe. Les actionnaires chinois m’ont fixé comme objectif de faire fonctionner le partenariat : Toulouse/Chine, public/privé, local/global. Je n’aurais pas accepté cette présidence en cas de développements non raisonnables. J’ai la réputation d’être quelqu’un de raisonné. » Et de rajouter en souriant : « Je ne suis ni une potiche, ni une caution morale ».
Un conseil de surveillance peu remanié
Sur les 15 membres du conseil de surveillance, Casil Europe (actionnaire à 49,9 %) sera représenté par six membres, l’Etat (10,01 %) par deux membres, la CCI de Toulouse (25 %) par quatre membres, plus un représentant pour chacune des collectivités locales (Région, Conseil départemental de la Haute-Garonne et Toulouse Métropole, qui se partagent 15 % de l’actionnariat). Trois comités ont été mis en place, dont un qui constitue une nouveauté : il s’agit d’un comité lié à la stratégie d’investissements, présidé par Jean-Luc Moudenc qui par ailleurs ne siège pas au conseil de surveillance.
Un nouveau plan stratégique à mettre en oeuvre
Jean-Michel Vernhes, confirmé dans son rôle de président du directoire, va avec ses cinq collaborateurs du directoire proposer la politique de développement pour les années à venir, dans le cadre d'une évolution du plan stratégique 2014-2018, intitulé Grand Ciel +. "Notre travail sera d'analyser le projet de Symbiose et de le confronter avec notre plan initial élaboré en 2013, explique Jean-Michel Vernhes. D'ici quatre à cinq mois, on tracera les grandes perspectives de notre développement et des actions à cinq ans." Les grandes lignes ? "Le focus sur le client et le service client, le développement (développement du trafic, immobilier de diversification, produits extra-aéronautiques...), l'intégration de notre entreprise au cœur de son territoire (problématiques environnementales et coopérations avec les autres acteurs du territoire pour un développement conjoint)".