Pas contents. Christian Estrosi et Bernard Kleynhoff l'ont clairement fait sentir ce vendredi 12 février au matin. En cause, une lettre de Bercy, reçue le 1er février, demandant aux actionnaires minoritaires de la société des Aéroports de la Côte d'Azur (CCI 25%, Région 5%, Département 5% et Métropole 5%) leur avis sur le cahier des charges concocté par Paris qui présidera à la vente des parts détenues par l'Etat (60%). Outre la réponse exigée pour le 15 février ("un délais bien trop court pour construire une vraie stratégie coordonnée", s'insurge le président de la CCI), les conditions préalables posées par les "minoritaires" n'ont été que très partiellement reprises et sous une forme consultative. Bref, "le compte n'y est pas", rage Christian Estrosi.
La réunion de validation, programmée à Bercy le 25 février prochain, fera donc l'objet d'âpres négociations. En jeu, la garantie des collectivités concernées de participer à la gouvernance de la future société, d'être associées étroitement au choix du futur actionnaire, l'ouverture de nouvelles lignes internationales ou encore l'investissement d'une partie des bénéfices de la vente dans des projets d'aménagement du territoire et d'équipements structurants. Quatre points sur lesquels ni Christian Estrosi, ni Bernard Kleynhoff ne veulent transiger. "Les différentes discussions que j'ai eues avec Emmanuel Macron laissent à penser que les portes restent ouvertes. Toutefois, il s'agit de montrer notre détermination pour s'assurer que nous obtiendrons ce que nous sommes en droit d'attendre", avance Christian Estrosi, rappelant que si l'aéroport (12 millions de passagers, 7 Md€ de retombées directes) pourrait être valorisé entre 800 M€ et 1,5 Md€, c'est aussi grâce au territoire et à ses contribuables.
Si la CCI s'interrogeait encore le mois dernier quant à la cession ou non de ses parts, la question semble aujourd'hui réglée. "Nous ne vendrons pas", a indiqué le président Kleynhoff, "observant ainsi le principe de protection". La Métropole et la Région sont sur la même ligne. Avec 35% des parts, le seuil de minorité de blocage (33%) est donc atteint. Et le message limpide : "Nous n'allons pas mener la vie facile au repreneur qui chercherait à se servir de cet aéroport non pas comme un outil de développement économique du territoire mais comme un lieu de transit", prévient Christian Estrosi. Allusion directe à Aéroports de Paris, l'un des potentiels candidats. Le Département, lui, ne s'est pas encore exprimé sur le sujet des parts mais son président, Eric Ciotti, a déjà répondu à Emmanuel Macron "mettant en demeure l'Etat de s’engager à garantir les intérêts des Alpes-Maritimes et à soutenir la poursuite du développement économique et touristique de la Côte d’Azur".