Souvent craint voire décrié car témoin des déboires des entreprises, l'administrateur judiciaire assume pourtant un rôle important dans la prévention de leurs difficultés. Rencontre avec Christian Caviglioli, administrateur judiciaire à Toulouse.
Parmi les missions que vous assurez auprès des entreprises, quelle place occupe la prévention?
J'y consacre la moitié de mon temps. J'interviens dans le cadre des procédures amiables (cf. ci-contre). Ces procédures étant confidentielles, les chefs d'entreprise connaissent mal notre rôle de prévention. Et pourtant, 70% des dossiers que nous traitons en prévention ne viennent jamais jusqu'au tribunal de commerce.
Dans ce cadre, quelles actions menez-vous?
J'établis d'abord un diagnostic pour trouver l'origine des difficultés. Il me permet de déterminer ce qu'il faut optimiser dans le compte de résultat pour rembourser les dettes. Je m'attaque ensuite à l'endettement lui-même en réunissant les différents créanciers (État, banques, clients, etc.). Je négocie avec chacun d'eux le report, le gel ou l'abandon des dettes.
Le dirigeant est-il toujours aux commandes de son entreprise?
Contrairement à ce que l'on croit souvent, je n'interviens pas dans la gestion de l'entreprise. Je peux toutefois suggérer au dirigeant de renoncer à telle activité que j'estime peu rentable ou de licencier pour alléger la dette mais il reste le seul décisionnaire. Il est d'ailleurs présent à chaque rencontre avec les créanciers et je travaille en amont avec lui et ses conseils.
Quels éléments sont déterminants dans le succès d'une procédure amiable?
La discrétion et le timing sont essentiels. C'est pourquoi, dans un certain nombre de cas, on enclenche d'abord un mandat ad hoc afin de poser le diagnostic et établir les solutions à mettre en oeuvre. Le recours ensuite à une conciliation permet de finaliser les négociations et d'aboutir à un accord entre le dirigeant et ses créanciers.
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