Achat public : Comment décrocher un marché?

Achat public : Comment décrocher un marché?

Administrations d'État et collectivités passent chaque année des dizaines des milliers de marchés publics. Des clients solvables qui peuvent générer un business récurrent. Deux éléments essentiels pour les entreprises dans cette période de crise. Reste qu'attaquer les marchés publics ne s'improvise pas. Surtout pour les PME. Il faut savoir comment détecter, sélectionner et répondre à des procédures qui peuvent s'avérer très formelles et contraignantes pour les entreprises. Dossier réalisé par Stéphane Vandangeon

On les dit difficiles à détecter, administrativement lourds à gérer, quand ils ne sont pas tout bonnement truqués. Et, pis encore, les marchés publics seraient difficilement abordables pour les PME. Pourtant, ces dernières se sont appropriées 60% des 110.000 marchés publics et 30% des 66,9milliards d'euros de commandes publiques recensés en 2008 par l'Observatoire économique de l'achat public. «L'avantage, note Vincent Bercé, qui dirige le standiste BK Event, une PME d'une douzaine de collaborateurs qui affiche en référence l'Armée de Terre ou le ministère de l'Agriculture, c'est que cela peut créer une activité récurrente et que les acteurs publics sont solvables». Deux éléments appréciables en ces temps d'incertitudes économiques.




Délais de paiement raccourcis

Pour aider les PME à davantage profiter de la commande publique, plusieurs dispositifs ont été mis en place. Certes, le conseil d'État a annulé en février la réforme gouvernementale visant à faciliter la commande publique, notamment celle des PME, en relevant de 4.000 à 20.000euros, le seuil minimal en dessous duquel le pouvoir public peut passer un marché sans publicité ni mise en concurrence. Certes, l'idée d'un Small business act européen, système de quota favorisant les PME inspiré d'une loi américaine, n'a pas abouti. Mais le code des marchés publics français a été revu en 2006 pour faciliter les PME: il encourage l'allotissement (découpage des marchés en lots), précaunise à l'acheteur de demander des «garanties raisonnables» aux entreprises; aux groupes d'intégrer des prestations de sous-traitance; les références de l'entreprise doivent elles aussi être un critère «raisonnable» dans le choix du candidat.




Concurrence plus vive

Autre bonne nouvelle, l'État raccourcit les délais de paiement de l'ensemble des acheteurs publics. De 45 jours en 2008, ils sont aujourd'hui de 35 jours et seront ramenés à 30 jours à compter du 1erjuillet. De bon augure pour les entreprises, qui, à l'heure où l'investissement privé chute, ont tendance aujourd'hui à se rabattre sur la commande publique. «C'est sûr qu'avec la crise, il y a davantage de concurrence. Là, où il n'y avait que quatre où cinq entreprises en compétition par le passé, il n'est plus rare d'en voir plus d'une dizaine se positionner. Cela joue évidemment sur les prix», constate Laurent Blind, qui dirige le cabinet de conseil spécialisé dans les marchés publics Cavena. Une raison de plus pour attaquer ces marchés avec intelligence afin de faire face à la recrudescence des prétendants.