C'est l'histoire de trois PME qui se rapprochent pour améliorer leurs offres commerciales et former, à leur échelle, un pôle de compétences. Mais c'est avant tout l'association de trois hommes supporters du club de rugby FCG qui décident de se serrer les coudes sur le terrain professionnel. Jacques Grégoire, agent d'assurances pendant 16ans pour Axa, a voulu changer d'orientation. Il en parle sur les gradins à Patrick Martin, dirigeant de Condi Rhône-Alpes (effectif: 25, CA: 5M€), spécialiste de l'emballage mousse, basé à Saint-Étienne-de-Crossey. Il sait qu'un de ses concurrents, Cotte emballage solutions (effectif: 30, CA 4,5M€), à Saint-Marcellin, est mis en vente. Une mise en relation et l'histoire se serait arrêtée là. Mais plutôt que de garder un concurrent local, Patrick Martin a voulu s'en faire un allié. Et pour créer «un pôle de compétences unique dans le milieu de l'emballage, avec un vrai savoir-faire», Jacques Grégoire et Patrick Martin se rapprochent de leur confrère voironnais Didier Madaire. À la tête de DPF (effectif: 30, CA: 6,5M€), ce dernier adhère à l'idée de proposer «une offre globale avec des unités expertes»: DPF pour le carton, Condi pour la mousse et Cotte pour le bois, avec également un savoir-faire dans le carton et la mousse. «À trois, nous proposons un projet industriel et humain», affirme Didier Madaire.
Association capitalistique
Pour concrétiser ce projet, les trois confrères ont créé ACDC packaging. Détenu à 20% par DPF, 20% par Condi Rhône-Alpes et 60% par Jacques Grégoire, ACDC packaging a racheté Cotte, dirigée dorénavant par Jacques Grégoire. Ce dernier, qui affiche une expérience en management, avoue «apprendre et découvrir l'aspect industriel. Je me forme techniquement et apporte une approche plus commerciale que mon prédécesseur». Soutenu par ses confrères, il estime que «la synergie avec mes deux associés capitalistiques saute aux yeux». Les trois sociétés Cotte, DPF et Condi ne sont ni associées, ni filiales et il n'y a pas de capitaux communs entre DPF et Condi. Mais ACDC permet «une ouverture plus large au niveau commercial. L'offre est toujours faite aux clients par une entreprise, mais sous couvert d'un groupe, explique Didier Madaire. Nous raisonnons maintenant avec une proposition globale multimatériau. Nous sommes un fournisseur unique face à nos clients que nous redécouvrons. Nos commerciaux et nos bureaux d'étude travaillent ensemble, au niveau industriel, nous partageons sur notre organisation et dans les ateliers, les équipes sont rassurées sur la pérennité des entreprises. Nous recentrons nos équipes sur leur expertise et nous les tirons vers le haut.» La remotivation interne n'est qu'une des conséquences de cette association. Le secteur de l'emballage étant «très concurrentiel et très virulent, trois sociétés seules ne pèsent rien parmi les 800 acteurs régionaux. Mais réunies avec une offre globale, nous commençons à représenter quelque chose, même si nous restons dans les petits», explique Didier Madaire.
Croissance externe
Sans anticiper sur les évolutions futures, les trois confrères envisagent une coopération plus rapprochée dans les années à venir. «Un poste d'acheteur, commun aux trois, est créé et nous voulons consolider nos bureaux d'étude pour réfléchir tous ensemble, prévoit Didier Madaire. Quant à ACDC, ce sera probablement un groupe dans moins de cinq ans, avec des projets de croissance externe. Nous avons la volonté de servir au plus près nos clients nationaux qui ont besoin d'un accompagnement local. Ce projet est une vraie ouverture avec le partage de la réflexion et des risques.» Jacques Grégoire résume: «Le rugby nous a réunis avec ses valeurs: se développer en s'entraidant.»
ACDC packaging
(Saint-Égrève) Effectif: 85 CA: 16M€ 04 76 58 06 38