On estime aujourd’hui à près de 11 millions le nombre d’aidants en France dont 61 % exercent une activité professionnelle. Selon le baromètre de la Fondation April, un actif sur quatre est concerné. Ces personnes accompagnent au quotidien un proche en situation de handicap, en perte d’autonomie ou atteint d’une maladie chronique, en dehors de leurs horaires de travail.
Un phénomène de société qui touche directement le monde du travail. On estime même que chaque individu sera, au moins une fois dans sa carrière, amené à jouer ce rôle d’aidant.
Un défi RH
D’ores et déjà l’impact sur les coûts de l’entreprise est considérable — on parle de coûts cachés représentant, en moyenne, 10 % de la masse salariale – car cette réalité pose un défi RH de premier plan aux entreprises. En effet, le salarié aidant gère des rendez-vous médicaux, des démarches administratives, des soins, tout en assumant pleinement ses missions professionnelles. Cette double vie peut entraîner épuisement, désengagement, voire désinsertion professionnelle. Concilier travail, aidance et vie personnelle n’est donc pas qu’un enjeu individuel, c’est aussi une question d’équilibre collectif, de prévention des risques psychosociaux et de performance durable. Ignorer l’aidance, c’est fragiliser le socle humain de l’entreprise.
Accompagner les salariés
Agir, c’est d’abord identifier et reconnaître ces salariés souvent discrets : seuls un quart des aidants (25 %) confient leur situation à leur employeur. Un environnement bienveillant, des enquêtes internes et des campagnes de sensibilisation sont autant de leviers pour lever les non-dits et encourager la parole.
Une fois ce premier pas franchi, des mesures concrètes peuvent être mises en place : accompagnement psychologique, services d’aide administrative ou juridique, guides pratiques, aménagements du temps de travail, possibilité de télétravailler depuis le domicile de la personne aidée, groupes de parole…
Ces dispositifs constituent un véritable soutien pour les aidants et favorisent leur maintien dans l’emploi.
Un levier de performance
Au-delà du soutien, il est essentiel également de valoriser les compétences développées dans l’aidance : sens de l’écoute, organisation, anticipation, résilience… Ces savoir-être sont de réels atouts pour l’entreprise. En les reconnaissant, on renforce aussi l’estime et l’engagement du salarié. Prendre en compte l’aidance, c’est donc faire le choix d’une entreprise plus humaine, plus inclusive. Une entreprise qui considère ses collaborateurs dans leur globalité, avec leurs forces, leurs fragilités, et leurs engagements personnels, c’est aussi une entreprise qui regarde l’avenir avec lucidité et responsabilité.