« Il y a un permis de conduire, un permis de chasser, un permis de pêcher, mais pas de permis pour être patron ! On laisse le pouvoir à des gens qui n'ont pas forcément la formation adaptée », lance Nathalie Finger-Ollier, directrice associée au sein d'Avocats et Partenaires. Cette absence de formation au métier de chef d'entreprise est en partie palliée par les chambres consulaires avec le stage préparatoire à l'installation et les formations « cinq jours pour entreprendre ». « C'est un minimum, une sorte de description du paysage dans lequel le chef d'entreprise va être amené à évoluer, mais ce n'est en aucun cas suffisant. Pour réussir, un créateur doit continuer à se former », estime l'avocate d'affaires. Problème, lorsque l'on devient son propre patron, il n'est pas toujours évident de trouver les ressources pour le faire. « Le créateur est souvent dans l'opérationnel, le développement de son business et n'a, par conséquent, pas le temps de se former. Et puis, en devenant chef d'entreprise, et en relevant du statut de travailleur non salarié, vous ne bénéficiez plus des dispositifs de formations accordés aux salariés », explique Julien Pyleyre, chargé de clientèle et spécialiste de la création d'entreprise au sein du cabinet d'expertise-comptable In Extenso.
Des financements possibles et un crédit d'impôt en plus
Exit donc le plan de formation annuel, le compte personnel de formation (CPF) ou encore les périodes de professionnalisation ! Le financement de la formation du dirigeant est moins balisé. Il existe néanmoins des dispositifs. Les créateurs dans l'industrie peuvent faire une demande auprès de l'Agefice. En contrepartie de leur contribution à la formation professionnelle, ils peuvent bénéficier d'une enveloppe de 2 000 euros nets par année civile et par cotisant. Le principe est sensiblement le même pour les métiers relevant de l'artisanat ou les professions libérales avec le Fonds régional de la formation pour les artisans et le Fonds interprofessionnel de la formation des professionnels libéraux. « Et puis il existe aussi un crédit d'impôt pour la formation des dirigeants d'entreprise. Et ce quelles que soient son activité et sa forme juridique. Il y a donc des possibilités », conclut Julien Pyleyre.