Secrétaire général pour l’investissement depuis janvier 2022, Bruno Bonnell a choisi le Morbihan pour son 44e déplacement en région. L’objet de cette visite a permis de faire un point d’étape territorial de France 2030, ce plan d’investissement national doté de 54 milliards d’euros et déployé sur cinq ans. "Dans le Morbihan, ce sont 65 projets qui ont été retenus pour un montant de 72 millions d’euros attribués soit sous forme de subventions soit sous forme d’avances remboursables", a résumé Pascal Bolot, préfet du Morbihan. Les lauréats révèlent le tissu économique morbihannais. Ils sont majoritairement issus des domaines liés à l’alimentation de demain et donc à l’agroalimentaire, un poids lourd économique mais aussi au numérique, au nautisme et aux matériaux composites ainsi qu’à la décarbonation des mobilités, l’industrie…
Les TPE et PME aux avant-postes
Bruno Bonnell a tenu à rappeler les particularités de France 2030. "Plutôt que ce soit l’État qui décide, c’est un programme qui est animé par la force collective. Nous avons une équipe dédiée de 72 personnes à Paris mais France 2030 ne prendrait pas corps sans les forces économiques de chaque territoire qui détectent et suivent ensuite ces projets", indique-t-il. En tout, plus de 5 000 projets ont été soutenus dans l’Hexagone et en France Outre-Mer. France 2030 fait la part belle aux TPE et PME vers lesquelles 50 % des soutiens financiers sont fléchés. "C’est une dynamique qui n’a rien à voir avec des plans précédents et qui bénéficiaient surtout à des ETI ou à des grandes entreprises", ajoute-t-il.
Le futur de France 2030
Bruno Bonnell a aussi insisté sur le fait que ce plan vise à soutenir des projets liés à la décarbonation de l’économie ou des projets porteurs d’innovation "sans dépense défavorable à l’environnement". Face aux chefs d’entreprise morbihannais, aux chefs de file des organisations patronales et aux élus locaux, le secrétaire général pour l’investissement s’est voulu rassurant sur l’enveloppe future de France 2030 ; le tout dans un contexte d’augmentation du coût de la dette française. "35 des 54 milliards d’euros prévus ont déjà été attribués. La conjoncture actuelle ne modifiera pas le plan stratégique de France 2030. Toutefois, nous demeurerons très attentifs à ce que ces aides soient bien affectées à des projets innovants. Elles ne servent pas à du financement de bâtiments, de capacités de production ou pour des infrastructures", avertit Bruno Bonnell.
La Bretagne "peut faire mieux"
À l’échelle de la Bretagne, 620 millions d’euros ont été attribués dans le cadre de France 2030. "Cela vous place à la sixième place des régions aidées. Vous pouvez faire mieux, même si vous devez certainement être dans les premiers sur le volet agroalimentaire si on fait un classement sectoriel", insiste le secrétaire général à l’investissement. Parmi les secteurs qui pourraient obtenir des financements à l’avenir figure notamment le domaine de la pêche, un avis partagé par les élus lorientais présents. "Ce département a des cartes à jouer sur la révolution bio industrielle. Outre la pêche qui doit être aidée pour gagner en compétitivité et en productivité, les algues sont aussi un domaine dans lequel il va falloir investir plus encore.", souligne Bruno Bonnell.