L’entrée en flotte en 2021 du Commandant Charcot, brise-glace d’exploration polaire à propulsion GNL et hybride électrique, a marqué une première étape dans la volonté de la compagnie marseillaise Ponant de réduire son impact sur l’environnement.
Mais, les croisiéristes soucieux d’explorer le monde avec un faible impact carbone, sont-ils prêts à payer plus cher un séjour ? "Nous avons lancé une offre green charter à base de biogaz ou de biodiesel. En 2024, nous avons réalisé trois charters neutres en carbone qui ont payé le surcoût en carburant alternatif", annonce Wassim Daoud, directeur RSE chez Ponant. Propriétaire de 13 navires de croisières haut de gamme et d’un catamaran, Ponant (743 sédentaires, 3 884 navigants) a annoncé une année 2024 record, à 500 millions d’euros de chiffre d’affaires (+50 % par rapport à 2019, année de référence), et bénéficie du soutien financier d’Artemis, société patrimoniale de la famille Pinault, propriétaire de Ponant depuis dix ans.
Swap2Zero, un projet soutenu par l’Europe
Officiellement dévoilé en 2023, le projet de premier navire transocéanique qui vise la neutralité carbone, baptisé Swap2Zero, a bénéficié fin 2024 d’une aide financière de la Commission européenne (dans le cadre d’Innovfund) pour développer une combinaison d’énergies renouvelables et ainsi atteindre ses objectifs de décarbonation. "L’obtention de cette subvention est un signal très encourageant qui est donné aux équipes qui travaillent sur le projet ambitieux de la décarbonation. […] Avec le projet Swap2Zero, nous allons bâtir une vitrine technologique française autour du premier navire zéro émission en opération", assure Patrick Augier, secrétaire général de Ponant. "Le navire doit émettre zéro gaz à effet de serre, quel que soit le type d’énergie utilisée en considérant son cycle de vie depuis le choix des matériaux jusqu’à la fin de vie. Nous travaillons sur un mix énergétique avec de la propulsion vélique à plus de 50 %, des panneaux solaires, des batteries électriques, des piles à combustibles, du dual fioul pour des biocarburants, des biodiesels ou des bioGNL et des e-carburants. Le tout sera couplé à une intelligence artificielle afin d’optimiser toutes ces énergies. Il faut créer de nouveaux logiciels. L’aide européenne permettra de coupler les solutions technologiques", complète Wassim Daoud.
Des collaborations avec des start-up
Dans le cadre de Swap2Zero, Ponant a noué un partenariat avec la start-up marseillaise Syroco, pour optimiser les itinéraires des navires à travers une modélisation numérique. En mars 2024, une autre collaboration, avec la start-up nantaise Fairwind Energy, a été nouée visant à développer des solutions d‘avitaillement en hydrogène renouvelable. Les deux entreprises prévoient de partager leurs avancées sur la gestion de l’hydrogène à̀ bord, de développer ensemble des premiers cas d’utilisation et de collaborer pour lever les différents verrous technologiques. Les deux partenaires se sont donnés pour ambition de faire coïncider la mise en service du projet Swap2Zero et du premier navire-énergie d’ici 2030.