Depuis janvier2009, l'Union régionale du transport d'Alsace dénombre 12 défaillances d'entreprises et projette ce chiffre à 22 d'ici à la fin de l'année. «22 sur 700 entreprises inscrites au registre des transports, cela reste mesuré», souligne Michel Chalot, le président de l'Urta. Mais il ajoute que le chiffre d'affaires des sociétés a reculé entre 10 et 20%, entraînant du même coup les effectifs dans une baisse de 10%. «Lorsque l'industrie ralentit, on n'a plus besoin de nous», analyse Michel Chalot. 2009 aura été une mauvaise année, mais, selon lui, 2010 sera encore plus difficile. «Aujourd'hui, nous avons une visibilité très faible», note-t-il. Et de s'interroger sur la politique du gouvernement: «Est-il normal qu'on subventionne l'industrie automobile alors qu'on nous taxe au nom du Grenelle de l'environnement? Il faut se poser la question de la fin des subventions. Et taxer un camion ne réduit pas la pollution».
Répondre à un besoin
Le président déplore les taxes qui assaillent de plus en plus la profession. Selon lui, le bilan des entreprises ne pourra pas les supporter, elles devront être directement répercutées sur la facture du client final. «Lorsqu'on regarde ce que coûte un camion, on s'aperçoit qu'il paie son dû à la communauté. Mais les gens n'en ont pas conscience, ils ne voient que la gêne occasionnée sur les routes», estime Michel Chalot. Il se prononce pour l'intermodalité, mais lorsqu'elle est possible. Selon lui, le transport routier répond à un besoin. Soit il intervient en complément d'autres modes de transport, soit il sert à amener des marchandises depuis un producteur jusqu'à un consommateur. «S'il le fait, c'est qu'il n'y a pas d'autre mode», observe-t-il.
Résoudre les dossiers régionaux
En plus de ces difficultés générales, les entreprises alsaciennes doivent affronter des problématiques régionales. Parmi elles, celle de l'accès aux cols vosgiens. La réouverture du tunnel Maurice Lemaire à Sainte-Marie-aux-Mines n'a pas atteint les résultats escomptés. Plusieurs problèmes restent en suspens: celui de l'accès car la déviation de Châtenois n'a pas été mise en place, et celui de la tarification. Avant la fermeture, le tarif poids lourd était à 25euros, il est passé à 55euros. Résultat: seulement 100 camions par jour transitent aujourd'hui par le tunnel, alors que 3.000 empruntent les cols. L'autre dossier régional concerne la taxe poids lourds. Elle sera probablement mise en place en 2011, avant sa généralisation nationale en 2012. «70% du transport alsacien est régional. Le grand transit a fortement reculé. Cela signifie qu'on s'auto-taxe. Ce n'est pas concevable», estime Michel Chalot. Il réclame également une harmonisation entre l'Alsace et l'Allemagne. Les transporteurs allemands sont plus compétitifs car les charges et les salaires sont moins élevés. Sur tous ces sujets, «il faudra trouver des consensus», affirme Michel Chalot.
Michel Chalot, nouveau président de l'Union régionale du transport d'Alsace (Urta), entend défendre sa profession qu'il juge «très attaquée» par les taxes, les interdictions de circuler, etc. Le tout dans un contexte de crise économique. Et selon lui, 2009 n'a été que le début. L'année prochaine s'annonce pire...