Mulhouse

Stratégie territoriale : Mulhouse en écho à Strasbourg

Par Philippe Armengaud, le 03 février 2012

Collectivités La feuille de route Mulhouse Alsace Éco 2020, lancée fin 2011 doit positionner l'agglomération mulhousienne sur l'échiquier économique mondial.
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Comme un air de déjà-vu... Après Strasbourg Éco 2020 lancée en 2009, voilà que Mulhouse s'y met. Cette proximité, jusque dans le nom donné à cette feuille de route -Mulhouse Alsace Éco 2020-, est assumée, presque revendiquée: comment pourrait-il en être autrement alors que les deux grandes agglomérations viennent de créer le premier Pôle métropolitain de France? C'est, en substance, ce qu'affirme Olivier Becht, président délégué de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A). «Bien sûr qu'il doit y avoir des passerelles entre les deux agglomérations et nos stratégies économiques en sont un axe fort», explique-t-il. L'élu vante une «logique complémentaire» à l'heure d'une compétition devenue «européenne, voire mondiale» des territoires. Derrière, «l'État concentrera les moyens qui lui restent sur les meilleurs», poursuit Olivier Becht. Alors, autant en faire partie.




Huit axes de travail

Pour Mulhouse, l'enjeu est double: comment exister sur l'échiquier mondial si l'agglomération n'est pas présente sur les grands métiers de demain avec les infrastructures adaptées. La collectivité et ses partenaires ont identifié les huit grands axes qui, dès cette année, doivent être travaillés pour améliorer la compétitivité territoriale. Avec, déjà, des effets palpables, estime Olivier Becht: «L'adoption d'un amendement à l'Assemblée nationale, fin décembre, a permis de rendre possible la coopération transfrontalière des Ports de Mulhouse-Rhin». Mulhouse a donc pu se raccrocher aux wagons de Weil-am-Rhein et de Bâle, relançant ainsi le dossier Rheinports. «Nous sommes déjà dans le concret», s'enthousiasme-t-il, «et en plus c'est l'exemple même du projet qui ne coûte pas un sou à la collectivité». D'autres infrastructures ont été définies comme essentielles en termes de stratégie territoriale: le quartier gare, la liaison ferroviaire de l'Euroairport - pas très surprenant- et une plus étonnante "maison des clusters", pour héberger et conforter les pôles et grappes d'entreprises actuels et les futurs.




Ne pas virer à l'incantation

Reste le fond, également. La stratégie s'appuiera sur des axes qui, de l'alliance des universités alsaciennes à la gestion des besoins et des compétences transfrontalières, devront être le terreau de l'emploi et de la croissance du territoire. «Ce n'est pas aux institutions de créer des emplois, mais c'est à elle de créer le biotope favorable au développement des PME et des ETI», conclut Olivier Becht. Une stratégie qui, pour ne pas virer à l'incantation ou à l'immobilisme, fera l'objet d'un pilotage souple sous l'égide d'une structure informelle, Mulhouse Alsace Économie. Son application concrète sera le fait des acteurs qui accompagnent la M2A: les chambres consulaires, la maison de l'emploi, l'université, le Technopôle, le Cahr et Alsace International, etc.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises