Haute-Garonne

Santé

Urodelia crée un vaccin contre le cancer

Par Fleur Olagnier, le 21 novembre 2019

Basé à Labège, Urodelia travaille sur le développement d'un vaccin autologue contre le cancer. Déjà testé sur des patients argentins, les collaborateurs de l'entreprise commercialisent pour l'instant un kit de vaccination destiné aux animaux. Prochaines étapes : lever 2,5 M€ pour organiser la force de vente et réaliser des essais cliniques sur l'Homme en France.  

Nicole Rouquet, cofondatrice et présidente d'Urodelia.
Nicole Rouquet, cofondatrice et présidente d'Urodelia, la société qui développe un vaccin thérapeutique autologue. — Photo : Urodelia

La créatrice

Nicole Rouquet travaille depuis sa thèse sur les propriétés de l'hydroxyapatite (HA), espèce chimique qui constitue la part minérale de l'os humain. La chimiste a été PDG de la société toulousaine Bioland, spécialisée dans la synthèse industrielle de ce composant pour l'orthopédie : « L'entreprise a été rachetée par Johnson & Johnson puis détruite dans la catastrophe AZF. Mais j'ai voulu continuer à exploiter les atouts du HA, en oncologie cette fois ». La chimiste crée alors Urodelia (8 collaborateurs ; CA 2018 : 50 K€) et dépose plusieurs brevets sur les propriétés du HA. Depuis 2005, la société développe un vaccin thérapeutique autologue. Autologue se dit d'un tissu ou de cellules provenant d'un organisme et administrés à ce même organisme.   

Le concept

C'est une anomalie génétique qui est à l'origine de la production de protéines cancéreuses. Or, chez certains patients, le système immunitaire ne détecte pas ces cellules comme étrangères, ne les élimine pas et les laisse s'accumuler et se transformer en tumeur. « Notre idée est de sélectionner ces protéines chez le patient, les concentrer, puis les réinjecter afin que l'organisme les considère comme corps étranger et se mette à les combattre, explique la chimiste. Mais les protéines réinjectées seules sont invisibles pour le système immunitaire. Nous utilisons donc le HA comme marqueur pour les rendre détectables ».

Suite à la rencontre avec le chercheur argentin Daniel Ciocca, l'équipe d'Urodelia réalise les premiers essais cliniques sur 20 patients humains en Argentine en 2007. « Ces patients étaient malades et traités depuis plusieurs années, quasiment mourants, explique Nicole Rouquet. Notre vaccin a permis de stopper la progression du cancer chez 20 % d'entre eux ». 

Les perspectives

De tels essais cliniques étant difficilement reproductibles en France, Urodelia a décidé d'orienter sa solution vers les animaux. La société a conçu un kit permettant au vétérinaire de préparer le vaccin au cas par cas. Aujourd'hui, 500 kits à 600 € HT ont été vendus et ont permis de tester 15 pathologies différentes sur chiens, chats et chevaux. « Notre dernière étude a confirmé un taux de survie multiplié par deux avec l'alliance chimio et kit, et par six pour certains sous-types de lymphomes B, précise la chimiste. La prochaine étape : des autorisations pour des tests sur l'homme en France ».

Depuis sa création, Urodélia a financé pour 6,6 M€ de R&D, dont 50 % apportés par ses 63 actionnaires, 30 % par son CA et 20 % de financements publics. La société compte lever 2,5 M€ d'ici le 1er trimestre 2020 pour organiser sa force de vente en Europe et démarrer aux États-Unis, et recruter 20 personnes en deux ans. À horizon 2023, Urodelia ambitionne de réaliser 20 M€ de CA pour un résultat net de 4 795 K€.

Nicole Rouquet, cofondatrice et présidente d'Urodelia.
Nicole Rouquet, cofondatrice et présidente d'Urodelia, la société qui développe un vaccin thérapeutique autologue. — Photo : Urodelia

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