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Commerce

Le nouveau MIN en sursis ?

Par Gaëlle Cloarec, le 15 septembre 2017

A trop tarder, le projet de déménagement du marché d'intérêt national (MIN) pourrait bien perdre les financements obtenus auprès de l'Etat et de l'Europe, selon le président de la Métropole Nice Côte d'Azur, Christian Estrosi, lequel est monté au créneau, jeudi 14 septembre, pour dénoncer une situation de blocage.
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

C'est l'une des grandes composantes de l'Opération d'Intérêt National Eco-Vallée qui vise à transformer l'actuelle plaine du Var en futur centre névralgique de la Métropole Nice Côte d'Azur. À savoir, le transfert du MIN (213 millions d'euros de chiffre d'affaires), actuellement implanté au sein de la ZAC du Grand Arénas, sur le secteur de la Baronne, à la Gaude. « C'est un projet déterminant pour la filière agricole et horticole azuréenne qui est à un tournant  », estime Michel Dessus, président de la Chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes.

Un pôle d'excellence

Le projet prévoit en effet de relancer la dynamique agricole locale en rapprochant le MIN des zones de production. Un MIN (35.000 m²) par ailleurs modernisé, mieux desservi, autour duquel s'articulera un programme immobilier (7.000 m²) dédié aux services logistiques et agro-alimentaires associés ainsi qu'un pôle d'excellence hébergeant une pépinière d'entreprises et le futur siège de la chambre azuréenne que son président décrit comme « un lieu d'expérimentation des techniques culturales appliquées à l'agriculture urbaine ». Pour le financer (une première estimation évoque un budget de 70 millions d'euros hors taxe, hors programme immobilier), la Métropole et l'Etablissement public d'aménagement (EPA) de l'Eco-Vallée ont décidé de recourir à un partenariat public-privé (PPP), dont la signature devrait intervenir en juillet 2018 pour une livraison programmée en 2020. Ça, c'est sur le papier. Car depuis deux ans, le projet n'avance plus. Et Christian Estrosi, président de la Métropole Nice Côte d'azur, de monter au créneau, ce jeudi 14 septembre, pour dénoncer une situation de blocage "incompréhensible".

Qu'est-ce qui bloque ?

Qu'est-ce qui bloque ? Pour l'élu, il s'agit du retard pris dans les travaux de construction du nouveau Centre de Recherches Economiques et d'Actions Techniques (CREAT), pilotés par le Département des Alpes-Maritimes, pour libérer le terrain de la Baronne, lequel n'est toujours pas cédé à l'EPA. « Impossible de signer le PPP sans la résolution de ces deux blocages », insiste-t-il. Conséquence n°1 : la possible perte des financements de l'Etat (580.000 euros) et de l'Europe (300.000 euros). Conséquence n°2 : le retard, par ricochets, du projet du parc des expositions, prévu sur une partie du site actuel du MIN. Un équipement de 65.000 m² qui vise à renforcer Nice sur le marché du tourisme d'affaires, dont les retombées économiques sont estimées, lorsque celui-ci tournera à plein régime, à 754 millions d'euros par an.

La question du centre commercial

Le conseil départemental, sollicité par le Journal des Entreprises, n'a pas souhaité réagir. Pour l'instant. Il faut dire qu'il avait d'autres chats à fouetter. Hasard de calendrier ? La sortie de Christian Estrosi, en froid polaire avec Eric Ciotti depuis les Présidentielles de 2016, est intervenue la veille de l'élection du nouveau patron des Alpes-Maritimes, Charles Anges Ginésy. Pour autant, la question du devenir du terrain de l'actuel MIN semble bel et bien se trouver au centre du problème, et plus particulièrement celle de l'implantation d'un centre commercial à proximité du parc des expositions. Une option à laquelle s'oppose fortement le désormais ex-président du Département qui, dans les colonnes du Nice-Matin du 29 août 2017, déclarait attendre "des engagements" avant de signer. Engagements qu'a tenu à préciser Christian Estrosi, en réfutant « tout projet de cette nature à cet endroit, ni à la Baronne d'ailleurs » pour privilégier « les commerces de proximité » indispensables à un quartier - le Grand Arénas - qui accueillerait à terme 22.000 emplois, 4.000 habitants et 8,5 millions de voyageurs de par sa liaison avec la future gare multimodale. Une mise au point susceptible de débloquer le dossier ? À suivre...

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