Alpes-Maritimes

Agriculture

Le groupe Mul veut relancer la filière lavande sur la Côte d’Azur

Par Olivia Oreggia, le 16 avril 2019

Acteur majeur de la parfumerie dans les Alpes-Maritimes, Mul Aromatiques (28,1 M€ CA en 2018 et 93 salariés ETP) est à la fois exploitant agricole et industriel. Le groupe, implanté au Bar-sur-Loup, porte aujourd’hui un projet de relance de la filière lavande dans le département. Un devoir de transmission des savoir-faire selon sa présidente.

Après préparation des sols, les premières plantations de la nouvelle filière lavande sont prévues l'an prochain.
Après préparation des sols, les premières plantations de la nouvelle filière lavande sont prévues l'an prochain. — Photo : Gazignaire

Cinq générations que le nom de la famille Mul s’inscrit dans l’histoire de la parfumerie en pays de Grasse. Depuis plus de 30 ans, c’est lui qui cultive en exclusivité les fleurs qui entrent dans la composition, entre autres, du N°5 de Chanel. Mais parce qu’il n’y a pas que le jasmin, la rose de mai ou la tubéreuse, l’entreprise porte aujourd’hui un projet de relance de la filière lavande. « La lavande fine est une des plantes à parfum autrefois caractéristiques du pays de Grasse », nous explique sa présidente, Cécile Mul. « Historiquement, elle se situait sur ces quatre communes avec lesquelles nous collaborons aujourd’hui, Caussols, Cipières, Gourdon et Gréolières. C’est une culture qui a fortement diminué. Nous voulons la réactiver pour la production d’huile essentielle. » Pas question pour autant de vouloir concurrencer les Alpes-de-Haute-Provence et leurs 11 456 hectares dédiés à la fleur bleue. « Ce sera une niche. On ne peut pas être mis en parallèle avec ce qui se fait déjà très bien ailleurs en France. Nous voulons relancer une activité qui existait sur notre territoire et qui a aussi sa place. »

Des débouchés garantis

Il n’y a dans ce projet (mené avec la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis et le Parc Naturel Régional des Préalpes d’Azur), aucun enjeu financier pour le groupe Mul. L’ambition est avant tout de perpétuer une tradition et des savoir-faire. « Notre intérêt est d’accompagner », reprend la jeune présidente. « C’est déjà ce que faisait mon père à une époque où ne parlait pas de "filière" ou de "RSE". Quand on est un acteur important comme nous le sommes, notre intérêt ne peut pas être que dans l’exploitation. C’est notre devoir de transmettre. Par notre double casquette d’exploitant agricole et d’industriel, nous sommes capables à la fois d’accompagner techniquement la mise en place d’une filière et de garantir des débouchés puisque nous sommes transformateurs de cette matière. Nous nous engageons à acheter le produit. »

Le bon moment

L’étude lancée en début d’année pour identifier les terrains et les agriculteurs a confirmé l’intérêt et le potentiel d’une filière lavande dans les Alpes-Maritimes. Il s’agit aussi de profiter d’un bon alignement des planètes : labellisation par l’Unesco des « savoir-faire liés au parfum en pays de Grasse », volonté politique de revitaliser l’agriculture ainsi qu'une demande des consommateurs qui se fait toujours plus exigeante en matière de traçabilité et de qualité des matières premières utilisées en parfumerie, en cosmétique ou dans l’alimentation.
Prévues pour l’année prochaine, ces plantations made in Côte d’Azur s’inscriront ainsi dans une démarche de développement durable et seront certifiées biologiques. En France, l’industrie de la lavande, concurrencée par la Bulgarie, génère quelque 25 000 emplois.

Après préparation des sols, les premières plantations de la nouvelle filière lavande sont prévues l'an prochain.
Après préparation des sols, les premières plantations de la nouvelle filière lavande sont prévues l'an prochain. — Photo : Gazignaire

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