Alpes-Maritimes

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La Caisse d’Épargne Côte d’Azur se met au sport

Par Olivia Oreggia, le 25 novembre 2022

Après la viticulture, l’immobilier de luxe et le nautisme, la Caisse d’Épargne Côte d’Azur (CECAZ) décline sa démarche affinitaire avec le sport. Pour financer les infrastructures, mais aussi pour accompagner les jeunes sportifs de haut niveau, à l’instar d’une start-up prometteuse.

de gauche à droite : Grégory de Horsey, responsable développement de la filière économique du sport, Alain Tourdjman, directeur étude économiques groupe BPCE, Stéphane Diagana, consultant sportif pour la CECAZ, Gilles Verdure, manager attractivité économique, sociale & territoriale Paris 2024, et Claude Valade, président du directoire de la Caisse d’Épargne Côte d’Azur.
de gauche à droite : Grégory de Horsey, responsable développement de la filière économique du sport, Alain Tourdjman, directeur étude économiques groupe BPCE, Stéphane Diagana, consultant sportif pour la CECAZ, Gilles Verdure, manager attractivité économique, sociale & territoriale Paris 2024, et Claude Valade, président du directoire de la Caisse d’Épargne Côte d’Azur. — Photo : Olivia Oreggia

Dans les Alpes-Maritimes et le Var, le sport regroupe 11 100 entreprises et associations pour 12 500 emplois. Un marché pour lequel la Caisse d’Épargne Côte d’Azur (1 653 salariés, CA 2021 : 357,1 M€) s’est désormais outillée pour approcher. "L’ambition de la CECAZ est d’être la banque de l’économie du sport dans toutes ses dimensions", résume Grégory de Horsey, responsable développement de la filière économique du sport. Il s’agit d’accompagner les projets liés à la construction ou à la rénovation d’infrastructures (les structures privées dédiées au foot à cinq, au basket ou à l’escalade se multiplient), mais aussi les jeunes sportifs de haut niveau. La banque azuréenne prévoit ainsi, avec l’association Finances & Pédagogie, des modules de formation pour sensibiliser ces derniers "sur les dimensions financière, sociale, fiscale… de leur statut". La CECAZ va également lancer une offre de crédit spécifique dédiée à ces jeunes sportifs à l’aube de leur carrière, incluant la possibilité d’obtenir des reports d’échéances.

Un incubateur de talents sportifs

Dans les deux départements azuréens, 200 sportifs sont recensés comme sportifs de haut niveau ou potentiellement à haut niveau par l’Agence nationale du sport. "Mais quand on propose un crédit à un sportif, on est vite confronté à une question : comment garantir les risques liés à sa carrière ?", reprend Grégory de Horsey. La banque pense avoir trouvé la réponse. "Nous voulons créer un incubateur de talents sportifs, explique Stéphane Diagana, champion du monde d’athlétisme et consultant pour la Caisse d’Épargne Côte d’Azur. Membre du groupe BPCE, partenaire des JO de Paris 2024, la CECAZ va lancer "Sport Me up" pour "accompagner le financement d’un jeune sportif, un peu comme on accompagne une start-up. Cela passe d’abord par une phase d’amorçage, financée en love money, puis par une phase de développement qui est critique car ses besoins augmentent alors que ses moyens restent limités. C’est dans ce décalage que Sport me Up interviendra. L’effet de levier est très important : avec de petites sommes, pour acheter de l’équipement ou du matériel, on peut permettre à l’athlète de passer un cap et d’entrer dans de grands meetings." Et de citer l’exemple de Margot Chevrier, accompagnée par la CECAZ. La perchiste niçoise de 23 ans, six fois championne de France, étudiante en cinquième année de médecine, vise une médaille aux Jeux Olympiques 2024. "En passant 4,5 mètres à la perche, elle n’était invitée à aucun meeting européen d’athlétisme, mais à 4,70 mètres, elle est invitée dans ces mêmes meetings et peut commencer à gagner de l’argent. C’est un système vertueux. On l’a pensé dans une logique d’héritage local, souligne Stéphane Diagana. Dans la phase de maturité, comme toute entreprise, les moyens augmentent et deviennent supérieurs aux besoins. Et l’athlète, si on l’a bien accompagné avant, est alors dans une logique d’investissement, d’achat d’appartement ou autre. Dans cette phase, les entreprises ont accès à l’emprunt, pas les sportifs : nous allons donc libérer l’accès au crédit pour financer leur progression." Et pour limiter les risques évoqués par Grégory de Horsey, la CECAZ s’appuiera sur un réseau d’experts en mesure à la fois "d’évaluer la pertinence technique du projet et la monétisation des progrès".

La CECAZ créera par ailleurs un fonds de garantie via lequel entreprises, collectivités ou particuliers pourront soutenir localement un sportif. Tout ce dispositif sera lancé en 2023.

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