Marseille

Numérique

Grâce à son management, VirtualExpo intègre le top français des PME où il fait bon travailler

Par Didier Gazanhes, le 18 juillet 2019

Selon l’institut Great Place to Work, pour la troisième année consécutive, le groupe marseillais VirtualExpo intègre le palmarès des entreprises françaises où il fait bon travailler.

Le siège de Virtual Expo
Le siège de Virtual Expo, installé dans les quartiers Nord de Marseille. — Photo : D.R.

C’est un étrange bâtiment, couvert de végétation, qui détonne entre les immeubles de bureaux traditionnels et les ateliers industriels. Situé à quelques mètres de l’avenue André Roussin, en plein cœur de la zone franche de Marseille, le lieu abrite depuis six ans le quartier général de VirtualExpo, une entreprise fondée en 1998 par Corentin Thiercelin et spécialisée dans la création de salons professionnels en ligne. S’étendant sur 1 500 m², ses locaux abritent 200 salariés, plutôt heureux de leur job. Car, pour la troisième année consécutive, VirtualExpo intègre le classement des 50 entreprises françaises (de 50 à 500 salariés) où il fait bon travailler, selon le palmarès établi par la société Great Place to Work.

« Avec Corentin, nous avons toujours pensé qu’un management qui prend en compte et améliore la qualité de vie au travail entraîne inévitablement une croissance de la performance économique de l’entreprise », confie Vincent Gérard, qui a pris la direction générale de VirtualExpo en 2011. « En 2012/2013, nous avons ainsi voulu faire un point sur la manière dont nos salariés percevaient leur qualité de vie au travail. Nous avons découvert Great Place to Work et nous avons été en phase avec leurs principes. Nous avons donc choisi de mettre en place leur questionnaire anonyme auprès de nos salariés ».

Horaires flexibles et casques antibruit

En 2018, VirtualExpo s’est vu attribuer la 29e place du palmarès. En 2017, l’entreprise a fait encore mieux en décrochant la 7e place. Mais l’intérêt de cette opération va bien au-delà du classement. À l’issue de son étude - qui est payante -, « Great Place to Work réalise un débriefing et met en avant les points perfectibles. Nous avons choisi de partir des résultats pour laisser les salariés proposer des solutions pour améliorer nos défauts. Ce rapport constitue notre outil de travail sur l’année », indique Vincent Gérard. Un vote est ainsi organisé : les salariés sélectionnent les idées qui leur semblent prioritaires et la direction valide ces propositions. « Celui qui a proposé l’idée constitue un groupe de cinq personnes et travaille à la mise en place de sa solution. Il y a un reporting à la direction toutes les deux semaines afin que les solutions puissent réellement se concrétiser ».

C’est de cette manière que VirtualExpo a mis en place des horaires flexibles pour ses salariés. « Il y a des plages horaires fixes, de 10 heures à 12h30 et de 14 h à 16 heures, mais au-delà de ces limites, les horaires, flexibles, permettent à nos salariés de gérer les complications de la vie courante ». Autre sujet sensible pour une entreprise où les équipes travaillent dans un large open space : les nuisances sonores. Un groupe de travail a déterminé que la solution la plus efficace était des casques antibruit innovants.

Le nouveau rôle du manager

« Il y a tout un éventail de problèmes qui peuvent être résolus par la participation des collaborateurs. La direction n’aurait pas le temps de mener tous ces projets… En revanche, cette méthode remet en question les fonctions traditionnelles du manager, qui généralement écrit des procédures et les fait appliquer. Chez nous, le manager doit plutôt donner du sens en expliquant le pourquoi, mais le comment doit toujours venir des collaborateurs, si l’on souhaite qu’ils adhèrent à 100 %. Il doit avoir le rôle d’un coach, au service de ces collaborateurs », précise Vincent Gérard, qui reconnaît que le label Great Place to Work constitue un « plus » en termes de recrutement. « Cela a un impact. Nous sommes sur des problématiques compliquées. Nous cherchons des personnes de formation supérieure, bilingues ou trilingues. Même s’il y a un large vivier de compétences en région, nous communiquons sur une marque employeur et sur le label ».

VirtualExpo propose six salons virtuels (industrie, nautisme, architecture, médical, agriculture et aéronautique) qui comptent près de 1,5 million de produits présentés dans neuf langues. « 90 % de nos 20 M€ de chiffre d’affaires sont réalisés à l’export vers l’Allemagne, l’Italie, les États-Unis… Au total, nos salons sont visités par près de 100 millions de visiteurs par an ». VirtualExpo a récemment créé une filiale en Chine afin de développer ce marché. Le modèle économique de l’entreprise est semblable à celui d’un organisateur de salons « réels » : gratuité pour le visiteur. C’est l’exposant qui paye un abonnement annuel, qui ne dépend pas du nombre de produits proposés mais de la couverture géographique souhaitée. Aujourd’hui, l’entreprise transforme son modèle et ambitionne de devenir une marketplace B to B, en donnant la possibilité d’acheter directement sur tous les sites. « Nous pourrions également mettre en place un suivi logistique. Le but est de tout mettre en œuvre afin que l’acheteur soit sûr d’avoir un vendeur fiable et de qualité », conclut le dirigeant.

Le siège de Virtual Expo
Le siège de Virtual Expo, installé dans les quartiers Nord de Marseille. — Photo : D.R.

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