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Deux chantiers hors-norme s’achèvent sur la base navale de Toulon

Par Hélène Lascols, le 02 novembre 2023

Après des mois de travaux, la dernière des trois Frégates de type La Fayette à être modernisée est sur le point de reprendre du service, tout comme le porte-avions Charles de Gaulle, qui devrait être livré à la Marine le 1er janvier 2024. Les deux chantiers ont été pilotés par Naval Group et ont mobilisé plus d’une centaine d’entreprises partenaires.

Trois des cinq Frégates de type La Fayette ont été modernisées par Naval Group.
Trois des cinq Frégates de type La Fayette ont été modernisées par Naval Group. — Photo : Hélène Lascols

Deux chantiers de taille sont sur le point de s’achever sur la base navale de Toulon, premier site industriel du Var avec 24 000 personnes qui y travaillent quotidiennement et 2 500 entreprises sous contrat. Ces chantiers, pilotés par Naval Group (CA 2022 : 4,353 Md€, dont 38 % réalisés par Naval Group Services, 16 029 collaborateurs), ont mobilisé une centaine d’entreprises sous-traitantes à bord de trois Frégates et du porte-avions Charles de Gaulle. Ils sont emblématiques des trente opérations importantes de MCO (maintien en condition opérationnelle), réalisées chaque année par les 2 400 salariés toulonnais de Naval group.

Modernisation de trois Frégates

Depuis le mois d’octobre 2020, trois Frégates Légères Furtives de type La Fayette (FLF) se sont succédé dans les bassins toulonnais pour s’offrir une seconde jeunesse : il y a d’abord eu la FLF Courbet livrée à la Marine en septembre 2021, puis le bâtiment La Fayette, livré un an plus tard. La troisième, l’Aconit, entrée au bassin le 6 février 2023, a achevé sa modernisation avant les essais en mer, puis un retour au service actif programmé pour la fin d’année. Au total, "la Marine a consacré une enveloppe de 430 millions d’euros à ce vaste programme de rénovation, dite à mi-vie", souligne le Service de soutien de la flotte. Les trois Frégates ont notamment été équipées d’un sonar de coque pour les doter de capacités de détection sous-marine, leur système de combat a été modernisé, leur résistance structurelle et leur stabilité ont été améliorées. L’Aconit, dont les travaux ont bénéficié des retours d’expérience des deux premières, a été remise à l’eau fin juillet. Pendant cinq mois, plus de 250 personnes sont intervenues chaque jour pour réaliser 5 500 lignes de travaux.

1 900 lignes de travaux sur le Charles de Gaulle

À l’autre bout de la base, un autre chantier bat son plein depuis le 16 mai 2023, il s’agit de la troisième et dernière Indisponibilité pour entretien intermédiaire du porte-avions Charles de Gaulle. Ce type d’opération de maintien en condition opérationnelle est réalisé tous les cinq ans et mobilise trois acteurs principaux : l’équipage qui réalise l’entretien de premier niveau, le service logistique de la Marine pour les interventions de deuxième niveau, et, enfin, le maître d’œuvre, Naval Group, avec des capacités industrielles lourdes. L’opération, d’une durée de 8 mois, a pour objectif de "redonner du potentiel aux installations, rénover certaines capacités et améliorer les conditions de vie pour permettre au navire de rester au plus haut niveau des standards internationaux", confie son commandant.

Ce n’est pas un arrêt technique majeur, qui lui, arrive tous les dix ans, mais l’investissement est tout de même de taille. Au total 120 millions d’euros de travaux pour 1 900 lignes de travaux, 2 000 personnes mobilisées au quotidien, une centaine de sous-traitants de Naval Group, mais aussi des salariés de tous les autres sites français (sauf Cherbourg) du géant français de l’industrie navale. D’ici au 1er janvier 2024, date de la sortie programmée du Charles de Gaulle, après ses essais en mer, 13 000 m² de peinture auront été appliqués, 27 kilomètres de câbles auront été tirés, les forces vives du navire, que sont la coque, les safrans, les hélices ou encore les lignes d’arbres, pour la propulsion, auront été vérifiées. Le système de climatisation a également été intégralement changé et les capacités de production d’eau douce à bord ont été augmentées de 50 % grâce au changement de deux des quatre bouilleurs. Enfin, l’hôpital de 600 m², des salles de restauration ou 2 000 couchages en cabine ont par ailleurs été rénovés et modernisés pour améliorer le confort des 1 200 membres d’équipage à bord de ce bateau, qui a dépassé les 20 ans d’exploitations.

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