Nice

Communication et médias

Témoignage Coronavirus - Digital Vision : « L'activité événementielle ne reprendra sans doute pas avant septembre »

Par Olivia Oreggia, le 18 mars 2020

Digital Vision réalise les captations vidéo de concerts, de réunions ministérielles ou de chefs d’État, gère aussi les écrans géants lors des matches à domicile de l’OGC Nice ou de l’équipe de France féminine de football. Frappée de plein fouet par les annulations en cascade, l’entreprise niçoise est aujourd’hui à l’arrêt. Pour autant, son fondateur et dirigeant, Jean-François Boutin, veut rester positif.

Née à Nice en 2004, Digital Vision assure des prestations techniques dans le domaine sportif (ici à l'Allianz Riviera à Nice auprès de l'OGCNice), pour des spectacles, des conventions d'entrerpises ou encore auprès de l'OCDE ou de l'Unesco à Paris. Toutes ces activités sont à l'arrêt
Née à Nice en 2004, Digital Vision assure des prestations techniques dans le domaine sportif (ici à l'Allianz Riviera à Nice auprès de l'OGCNice), pour des spectacles, des conventions d'entrerpises ou encore auprès de l'OCDE ou de l'Unesco à Paris. Toutes ces activités sont à l'arrêt — Photo : Digital Vision

« Nous n’avons plus aucune demande, plus de chiffre d’affaires, notre activité est à zéro, sauf pour l’OCDE dont nous sommes le prestataire exclusif. À Paris, les réunions se poursuivent. Nous comptons 10 collaborateurs permanents, désormais au chômage partiel, ainsi que 30 à 40 intermittents chaque mois. Nous sommes contraints car nous intervenons précisément dès qu’il y a un rassemblement de personnes. Nous sommes une petite entreprise hyper spécialisée, nous évoluons dans une niche qu’est la captation (enregistrement vidéo, NDLR). Nous assurons également des prestations audiovisuelles.

De l'OCDE au centre de design de Toyota

Nous avons deux agences, une à Nice où se trouve le siège social, et une à Paris. Notre chiffre d’affaires atteint 2,2 millions d’euros, en croissance annuelle de 5 à 6 %, avec des pics ponctuels selon les clients.

Nous sommes présents dans des domaines très variés. Nous avons une forte activité liée aux spectacles. Des concerts comme celui des Enfoirés chaque année, des tournées… cela requiert un savoir-faire spécifique. Nous réinvestissons 100 % des résultats chaque année dans la technique.

Notre client historique est le centre de design de Toyota à Sophia Antipolis pour lequel nous gérons tous les moyens techniques audiovisuels, notamment leur salle de présentation avec un écran de 17 mètres. Nous avons aussi des clients sur des conventions d’entreprises, de produits, dans des salons…Nous sommes par ailleurs prestataire exclusif de l’OCDE à Paris. Nous avons remporté un premier appel d’offres en 2011 et à chaque fois depuis.

Un "gros coup" après la suspension de la Ligue 1 de football

Le sport représente par ailleurs environ 10 % de notre activité. Nous travaillons avec l’OGC Nice, le Stade Français, le PSG Féminines, l’équipe de France féminine de football… nous gérons les écrans géants lors des matchs à domicile.

Le 9 mars, il y a eu les premières annulations de spectacles. Puis celle de réunions d’entreprises d’Orange et BNP Paribas. Le match de l’équipe de France féminine de football s’est finalement joué à huis clos. Le gros coup pour nous a été la suspension de la Ligue 1 de football.

La prestation prévue à Marseille pour Unilever a un temps été envisagée à distance mais cela a finalement été jugé trop compliqué pour le client qui a annulé.

Les reports ont été nombreux comme le MIPIM à Cannes ou la Foire de Nice, le Cannes Lions… Le Festival de Cannes est censé se dérouler en mai. Deux demi-finales du Top 14 de rugby doivent se jouer à Nice fin juin.

Pas d'assurance pour les concerts annulés

Les concerts eux, ne sont pas reportés, ils sont annulés et il n’y a pas d’assurance pour cela. Les compagnies ont inscrit une clause dans leurs contrats en décembre sur une éventuelle pandémie à venir.

Évidemment, ce n’est pas comparable mais la dernière grande épreuve que nous avons traversée a été la crise de 2008. Les clients annulaient peu à peu. Il y a eu un gros ralentissement de l’activité pendant plusieurs mois, mais ce ne fut pas si brutal.

Rassuré sur la pérennité de l'entreprise

J’avoue que les deux interventions du Président de la République m’ont rassuré en tant que chef d'entreprise. Je suis rassuré quant à sa pérennité, aux cotisations sociales, aux charges. J’attends juste le « quand » et le « comment ». Je n’ai pas de crédits, donc avec le chômage, je couvre mes frais de personnel. Je ne sais pas encore pour le loyer.
Je ne pense pas que le cours normal des choses reprendra avant septembre.
Tout est prêt de notre côté. Par essence, notre métier exige que nous soyons toujours prêts pour l’heure qui suit car nous pouvons être appelés du jour pour le lendemain. L’indicateur sera pour nous la reprise du championnat de Ligue 1 de football. Du pain et des jeux, j’y crois ! »

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition