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Avec sa plateforme de voyages d'affaires, Travel Planet vise les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires

Par Olivia Oreggia, le 08 mars 2022

Après s’être fait une place comme voyagiste d’affaires, Travel Planet propose désormais, en plus, sa plateforme en marque blanche. Son premier client en tant qu’éditeur est la SNCF. Malgré la pandémie et les crises mondiales, l’entreprise, tout juste installée à Sophia Antipolis, nourrit ainsi de fortes ambitions pour 2022.

Betty Seroussi dirige Travel Planet, entreprise qu’elle a cofondée avec son mari en 2014.
Betty Seroussi dirige Travel Planet, entreprise qu’elle a cofondée avec son mari en 2014. — Photo : Olivia Oreggia

Travel Planet est un voyagiste d’affaires, un TMC dans le jargon du secteur (Travel Management Companies) et l’un des leaders en France, aux côtés d’acteurs historiques comme Carlson Wagonlit Travel (CWT) ou American Express. Au départ, Travel Planet était une "agence de voyages de quartier à Paris", décrit sa dirigeante Betty Seroussi, qui dès 2014 a su se singulariser par sa technologie. À savoir une plateforme, 100 % française et hébergée en France, sur laquelle ses clients (PME ou grands groupes comme EDF) peuvent réserver leurs déplacements professionnels, avec l’aide si besoin d’équipes disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. "Nous avons construit notre plateforme en nous interconnectant en direct avec tous les opérateurs qu’on a voulu intégrer (Booking, Delta, British Airways, Hertz…, NDLR). Le seul interlocuteur pour notre client est un collaborateur de Travel Planet, en interne. On ne dépend de personne. Quand le client veut une amélioration produit, on peut le faire rapidement, sans demander à un tiers."

De Lille à Sophia Antipolis

Le tourisme et les déplacements professionnels ont profondément souffert, et souffrent toujours, des effets de la pandémie. Comme d’autres, Travel Planet a dû fermer boutique pendant de longs mois faute d’activité. L’entreprise, qui comptait 70 personnes et réalisait un chiffre d’affaires de 84 millions d’euros fin 2019, a dû licencier. Pour des raisons personnelles, Betty Seroussi et son mari et codirigeant, Tristan Dessain-Gelinet, venaient de s’installer sur la Côte d’Azur et avaient prévu de faire les allers-retours à Lille, où se trouvait alors le siège de la société. "Tout ce qui était parfait sur le papier devenait impossible. Il n’y avait plus qu’un vol entre Nice et Lille tous les trois jours. Quand on a senti la reprise de l’activité mi-2021, on a alors décidé de tout basculer. Nous sommes arrivés à Sophia Antipolis en janvier dernier, avec les collaborateurs qui ont pu ou souhaité nous suivre."

Une entreprise technologique

À peine installé, Travel Planet s’agrandit déjà sur un second étage. La reprise se confirme et avec elle de grands besoins de recrutement pour retrouver a minima son effectif d’avant Covid. Mais aussi et surtout pour développer sa nouvelle activité d’éditeur de plateforme en marque blanche, lancée après avoir mis à profit les confinements pour faire évoluer sa solution. En effet, Travel Planet propose désormais sa plateforme, jusqu’alors utilisée uniquement en interne, à tous les opérateurs du voyage afin qu’ils proposent leur propre contenu en B to B ou B to C. Un pari prometteur puisqu’elle a signé son premier contrat en tant que tel avec la SNCF pour ses agences européennes. "Nous entrons par la grande porte !", sourit Betty Seroussi. "Demain, ce pourra être des compagnies aériennes, des VTC, des offices de tourisme, tous les acteurs de voyage et de tourisme au sens large. Nous sommes capables de faire aboutir un projet et de le mettre en production en quelques semaines à peine. C’est presque l’agilité d’une start-up qui n’en est pas une. On le doit sans doute à la mixité de nos savoirs avec mon mari : je suis tout le temps dans l’opérationnel, le métier d’agent de voyages, et lui transforme cela en technologie."

Gagner de nouveaux clients

Travel Planet vise les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année. La guerre en Ukraine vient évidemment jeter une ombre supplémentaire sur un tableau qui n’a pas encore retrouvé toutes ses couleurs. Mais Betty Seroussi demeure sereine, rappelant les nombreux soubresauts du monde auxquels le secteur a déjà dû faire face ces dernières années : le tsunami en Thaïlande en 2004, le volcan Eyjafjallajökull en Islande en 2010, les Printemps arabes en Tunisie et en Egypte en 2011… "Aujourd’hui, nous sommes moins inquiets car nous avons notamment axé notre développement sur les déplacements nationaux ainsi qu’en proche Europe. L’international sera sans doute davantage touché", analyse la dirigeante. "Dans cet "après Covid", on estime la baisse d’activité globale à 30 % et cette baisse restera, on ne reviendra pas en arrière car les entreprises ont parfaitement compris les économies réalisées grâce aux visios et aux signatures électroniques. Pour compenser, il nous faut gagner de nouveaux clients." De futurs clients que Betty Seroussi a notamment identifiés parmi ses nouveaux voisins azuréens et qui lui permettront peut-être d’accéder à la French Tech 120, ce programme d’accompagnement conçu pour les scale-up françaises en capacité de devenir des leaders technologiques de rang mondial. "C’est un de mes objectifs, notamment en tant que femme de la tech."

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