Morbihan
Pour Philippe Rouault, président de la CCI du Morbihan, "il faut composer avec la baisse des dotations de l’État"
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Pour Philippe Rouault, président de la CCI du Morbihan, "il faut composer avec la baisse des dotations de l’État"

Invité du dernier déjeuner du Vannes Morbihan Business Club, Philippe Rouault, président de la CCI du Morbihan a détaillé les actions de la chambre consulaire, ses évolutions et les dossiers d’actualité.

Philippe Rouault, président de la CCI du Morbihan, était l’invité du Vannes Morbihan Business Club qu’anime Yann Plantard — Photo : Hélène Baron

Philippe Rouault, président de la CCI du Morbihan, était l’invité du Vannes Morbihan Business Club. L’occasion, pour le co-fondateur du cabinet lorientais Rouault Patrimoine, d’évoquer les missions et les actualités du réseau consulaire qu’il préside.

"Les chambres consulaires sont des établissements publics. Vous êtes automatiquement ressortissants de l’une des trois chambres : soit de la Chambre de Commerce et de l’Industrie, soit la Chambre des Métiers de l’Artisanat, soit la Chambre d’Agriculture", précise Philippe Rouault à ses pairs. Et de détailler les contours de cet écosystème très divers qui comprend près de 70 000 entreprises : "Des entreprises de plus de 250 salariés sur le Morbihan, il y en a 63. La moitié des entreprises de ces 70 000 entreprises n’ont pas de salariés. L’essentiel de ces sociétés a entre 5 et 20 salariés", atteste le président de la CCI. Côté implantations, les deux tiers sont implantés soit à Lorient ou à Vannes. "C’est très concentré en fait."

Philippe Rouault rappelle aussi que l’essentiel des ressources des chambres consulaires provient de l’impôt payé par les entreprises. "Nous sommes sous la tutelle de l’État et nous rendons des comptes à ses représentants en région." Le chef de file de la CCI du Morbihan n’a rien caché sur la baisse de ces ressources. "Au niveau national, il y a sept ans, l’État versait 1,6 milliard de taxes aux CCI. Aujourd’hui, c’est 525 millions d’euros. Nous devons faire avec cette baisse des ressources"

Cette situation s’est traduite par une réduction des effectifs. "Nous sommes passés de 225 salariés à un peu moins d’une centaine aujourd’hui sur les cinq délégations de Lorient, Vannes, Auray, Pontivy et Ploërmel.

Jouer collectif

Élu depuis novembre 2021, Philippe Rouault a comme cheval de bataille, le "travailler ensemble" pour avoir plus d’impacts et "éviter les déperditions d’énergie et d’argent. Nous avons avancé mais on peut aller encore plus loin." A titre d’exemple, il cite les vœux économiques qui se déroulent en commun avec le Medef et la CPME."

S’il se réjouit des 5,8 % de taux de chômage dans le Morbihan, il entend immédiatement mettre en face le nombre de chômeurs. "Cela fait quand même 50 000 chômeurs dans les catégories A, B et C. Pensez à vos difficultés de recrutement ! Dans le même temps, il y a 55 000 emplois non pourvus " lance-t-il aux dirigeants présents. "Il y aurait 15 000 à 20 000 chômeurs qui pourraient potentiellement reprendre un emploi. "

Des conseils économiques de territoire mis en place

Sur le plan des réalisations, il a été acteur de la mise en place des conseils économiques des territoires. Il permet aux élus locaux, à la Région et à l’écosystème économique d’avoir un temps d’échange. "Ils sont en place sur nos cinq délégations et se réunissent une fois par trimestre." Dans le même état d’esprit, il entend soutenir le développement de la Maison de l’Entreprise, un guichet unique d’informations pour les dirigeants ou les porteurs de projets. Plusieurs structures l’animent comme la CCI, la CMA, les collectivités locales, … "Je veux réussir à les implanter sur toutes nos délégations. Cela existe déjà à Auray et à Lorient."

Philippe Rouault est aussi revenu sur Ecod’O, le programme de sobriété hydrique, créé pour les entreprises par la CCI du Morbihan et aujourd’hui déployé par les autres CCI bretonnes. " Nous approchons des 200 entreprises accompagnées sur le Morbihan et la Bretagne. Les sociétés qui ont suivi ce programme observent des gains de 15 à 20 % d’économies d’eau."

Mobilisation sur les dossiers liés à Michelin Vannes et Fonderie de Bretagne

Deux entreprises morbihannaises concentrent actuellement toutes les attentions. La CCI, comme les autres acteurs économiques, les organisations professionnelles, les élus et les services de l’État, se mobilise. "Le préfet a pris la main, il y a une cellule de revitalisation du territoire à laquelle nous participons. Michelin est un employeur exemplaire. Les salariés seront accompagnés, il y a aussi des offres d’emploi pour eux. La revitalisation du site se fera."

Pour La Fonderie de Bretagne, Philippe Rouault affiche plus d’inquiétudes. "La situation est beaucoup plus compliquée. Le site, lui, comme celui de Michelin, aura des candidats à l’heure du Zéro Artificialisation Nette des sols (Zan). Il faudra réindustrialiser les friches. Nous n’en avions pas ou quasi-pas en Bretagne par rapport à d’autres régions françaises".

À l’heure de conclure, il a donné rendez-vous aux adhérents du VMBC lors de la prochaine cérémonie des Oscars du Morbihan que la CCI co-organise avec de nombreux partenaires. La soirée aura lieu le 27 mars, au Quai 9 de Lanester.

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