Hérault

Technologies

Orosys rachète le fabricant de matériel audio Barthe

Par Anthony Rey, le 29 janvier 2021

L’héraultais Orosys, fabricant de simulateurs d’enceintes pour musiciens, annonce l’acquisition de l'entreprise Barthe. Cette opération lui permet de diversifier sa gamme vers les matériels audio pour l’apprentissage et pour les collectivités, tout en continuant de progresser sur son produit historique, pour lequel la demande explose à l’export.

Orosys fabrique, sous la marque Two notes Audio Engineering, des "sourdines électroniques" simulant le son d'un ampli de guitare.
Orosys fabrique, sous la marque Two notes Audio Engineering, des "sourdines électroniques" simulant le son d'un ampli de guitare. — Photo : Two notes Audio Engineering

L’entreprise héraultaise Orosys (20 salariés, CA 2020 : 3,5 M€), basée à Saint-Gély-du-Fesc, annonce l’acquisition de Barthe (3 salariés, CA 2020 : 250 000 €), pour un montant non communiqué. Cette marque quasi-centenaire, installée à Saint-Martin-de-Londres (Hérault), permet à Orosys d’aborder un nouveau marché : la fabrication de matériels de sonorisation pour les collectivités, et l’édition de solutions numériques pour l’enseignement et l’apprentissage des langues. « Il y a un côté sentimental à racheter une marque aussi connue sur son segment, mais aussi la volonté de prolonger un partenariat existant puisque Orosys a déjà conçu des produits pour Barthe. Cette acquisition nous permet de conserver la marque en l’orientant sur de nouveaux projets, et d’intégrer trois profils hautement qualifiés », explique Guillaume Pille, PDG d’Orosys.

Renforcement des capacités techniques et logistiques

À l’avenir, Orosys prévoit de développer de nouveaux produits sous la marque Barthe, en direction de publics jusqu’à présent délaissés par les fabricants, selon Guillaume Pille. « Les enfants et les séniors sont deux catégories d’utilisateurs qui ne sont pas forcément à l’aise avec les produits audio numériques. Très souvent, ceux-ci sont conçus par des fabricants de jouets, et je pense que beaucoup de choses restent à inventer en termes d’ergonomie et de qualité audio », poursuit Guillaume Pille.

Avant le lancement de ces nouveaux produits, les effectifs de Barthe seront intégrés à Orosys, pour renforcer le propre bureau d’études de la société héraultaise, qui mobilise la moitié de l’effectif. Parallèlement à l’absorption de Barthe, Orosys a aussi fait l’acquisition d’un entrepôt de 1 000 m2 sur un terrain mitoyen, où le PME va concentrer la totalité de sa logistique, toute marque confondue.

Le boom inespéré de 2020

Sur son cœur de métier, Orosys développe la marque Two Notes Audio Engineering, en forte croissance malgré la crise sanitaire. La commercialisation en 2020 de son dernier boîtier (un simulateur d’enceintes avec atténuateur de bruit) a rapporté à lui seul l’équivalent du chiffre d’affaires d’Orosys sur toute sa gamme en 2019, soit 1,5 million d’euros. « C’est un produit conçu en principe pour le marché des concerts et du live, mais avec le confinement, de nombreux musiciens dans le monde n’ont pas pu jouer en public. Tout en restant confinés, ils se sont équipés en matériels spécifiques, comme des cartes sons ou des boîtiers comme le nôtre », souligne Guillaume Pille.

Orosys réalise près de 90 % de son activité à l’international, où le marché américain est de loin le plus gros débouché (50 % du chiffre d’affaires à lui seul). Après l’ouverture d’une filiale en 2017, la PME héraultaise prévoit de recruter sur place pour amplifier cet élan. De même, elle ouvre une filiale sur un autre marché majeur de la scène musicale mondiale, le Royaume-Uni.

Et l’année 2021 verra aussi le lancement de nouveaux produits, qui viendront irriguer ces différents canaux. « Nous arrivons au bout d’un cycle de croissance avec ce type de boîtiers. Nous resterons sur la même spécialité – la virtualisation d’amplis – mais en travaillant davantage autour de l’intelligence artificielle. Nous avons des thèses en cours, nous prenons contact avec des acteurs comme l’Université de Montpellier ou l’IRCAM (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique, NDLR) pour développer de nouvelles technologies, qui seront des alternatives numériques aux amplis avec un son de plus en plus proche de la réalité », promet Guillaume Pille.

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