Haute-Garonne

Aéronautique

Chez Akka Technologies, direction et syndicats se donnent un mois pour éviter un plan social

Par Paul Falzon, le 06 novembre 2020

Confronté à la chute du marché aéronautique, le groupe d’ingénierie et de services Akka Technologies envisage un plan de restructuration. Des négociations sont ouvertes avec les syndicats sur un recours massif à l'activité partielle de longue durée. Enjeu : éviter la destruction de 1 150 postes à Toulouse.

Le groupe d'ingénierie Akka Technologies emploie 2200 personnes à Blagnac (31), où il a situé son centre mondial pour l'aéronautique, le spatial et la défense.
Le groupe d'ingénierie Akka Technologies emploie 2 200 personnes à Blagnac (31), où il a situé son centre mondial pour l'aéronautique, le spatial et la défense. — Photo : DR

Un mois : c’est le délai qu’ont fixé direction et syndicats d’Akka Technologies (22 000 salariés, CA 2019 : 1,8 Md€), groupe d’ingénierie et de conseil en technologies, pour éviter un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sur son site de Blagnac (31). Comme l’avait indiqué Le Journal des Entreprises, la réunion tenue ce 5 novembre a permis de fixer un cadre et un calendrier pour la négociation. Un rendez-vous hebdomadaire est programmé chaque jeudi jusqu’au 3 décembre inclus, afin de faire avancer la proposition d’un recours massif à l’activité partielle de longue durée (APLD) sur 24 mois.

L’APLD, "un bon début"

L’enjeu n’est pas mince puisqu’il s’agit d’éviter la destruction de 1 150 postes sur les 2 200 que compte le groupe dans la région toulousaine, correspondant au nombre de salariés actuellement sans mission. Au troisième trimestre, la chute des marchés de l’aviation civile a fait plonger l’activité d’Akka Technologies de 38 % sur sa branche aéronautique. Constatant que le secteur n’offre pas de perspective de redressement à court terme, la direction a informé fin octobre les organisations syndicales qu’elle envisage "une procédure d’information consultation des instances représentatives du personnel pouvant déboucher sur la mise en œuvre d’un plan de restructuration". Tout en précisant : "Le chiffre de 1 150 suppressions de postes a été évoqué dans des discussions bilatérales, mais tout est mis en œuvre pour tenter de le réduire".

Côté syndicats, on se dit soulagé de repousser la perspective d’un PSE. "Privilégier l’activité partielle de longue durée constitue un bon début, reconnaît le délégué syndical central CFDT Stéphane Lépine. Tout est sur la table pour réduire l’impact financier pour l’entreprise." Recourir à l’activité partielle de longue durée implique pour l’entreprise un reste à charge d’environ 25 % sur les salaires pendant 10 mois, que la direction d’Akka Technologies juge insoutenable en l’absence de nouveaux marchés. Le chantier des prochaines semaines va donc porter sur les concessions que les salariés pourraient accepter : rupture conventionnelle collective (RCC) et accord de performance collective (APC) sont les deux outils les plus fréquemment évoqués.

Spécialisation sectorielle

"Nous refuserons toute baisse de salaire supérieure à ce que prévoit l’activité partielle de longue durée, notamment via un accord de performance collective, prévient François Laborderie, secrétaire général CGT Akka Technologies. On ne peut pas faire assumer par les salariés les erreurs stratégiques de la direction ces dernières années." En 2016, Akka Technologies a choisi d’implanter à Blagnac son centre mondial pour l’aéronautique, le spatial et la défense : cette spécialisation sectorielle est aujourd’hui le talon d’Achille du groupe dans la Ville rose.

La CGT espère encore la création d’une force intersyndicale commune, avant la tenue d’une assemblée générale des salariés le 13 novembre. Rien n’est moins sûr : suite à l’invalidation des élections professionnelles tenues fin 2019, aucun des six syndicats présents dans le groupe n’est aujourd’hui représentatif, et donc en mesure de signer un accord majoritaire. Une avancée sur l’activité partielle de longue durée nécessiterait soit l’approbation unanime des syndicats, soit une décision unilatérale de la direction.

Le groupe d'ingénierie Akka Technologies emploie 2200 personnes à Blagnac (31), où il a situé son centre mondial pour l'aéronautique, le spatial et la défense.
Le groupe d'ingénierie Akka Technologies emploie 2 200 personnes à Blagnac (31), où il a situé son centre mondial pour l'aéronautique, le spatial et la défense. — Photo : DR

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