Nouvelle-Aquitaine

Biotech

Portrait Treefrog, Ysopia, Api : Jean-Luc Treillou, catalyseur d’innovations

Par Astrid Gouzik, le 24 janvier 2023

Après avoir cofondé les start-up girondines Ysopia Bioscience et Treefrog Therapeutics, ainsi que l’entreprise Eradiktou, Jean-Luc Treillou a embarqué avec un nouvel équipage à bord de l’entreprise Api. Si le flair de ce multi-entrepreneur est indéniable, ses succès reposent aussi sur une perpétuelle remise en question de ses capacités à accompagner les entreprises. Portrait d’un insatiable passionné.

Jean-Luc Treillou a cofondé les entreprises de biotechnologies girondines Ysopia Bioscience et Treefrog Therapeutics et plus récemment la start-up Api.
Jean-Luc Treillou a cofondé les entreprises de biotechnologies girondines Ysopia Bioscience et Treefrog Therapeutics et plus récemment la start-up Api. — Photo : D.R.

Connaissez-vous le point commun entre la biotech Ysopia Bioscience, les cellules souches de Treefrog Therapeutics, les supérettes autonomes et connectées Api et l’entreprise spécialiste de la dératisation Eradiktou ? Sur le papier, difficile de trouver un terrain sur lequel ces quatre entreprises se croiseraient. Elles partagent pourtant un élément crucial de leurs succès : leur cofondateur, Jean-Luc Treillou. Des entreprises innovantes qu’il a toujours fondées en équipe : "je préfère gagner la Coupe Davis que Roland Garros", glisse-t-il. Le ton est donné.

Esprit d’équipe

Originaire de Normandie, Jean-Luc Treillou démarre sa carrière de pharmacien industriel chez les géants du secteur, GSK et Sanofi. Puis en 2003, il est nommé directeur général adjoint du laboratoire tricolore Oenobiol qui réalisait alors plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Quatre ans plus tard, il devient consultant pour un fonds d’investissement spécialisé dans le secteur de la pharmacie. En 2011, à la faveur d’une rencontre avec Claude Vincent et Fabrice Guez, et d’un contexte familial favorable, Jean-Luc Treillou s’installe à Bordeaux pour poser les premières pierres de la biotech LNC Therapeutics (devenue Ysopia Bioscience) qui développe une classe de médicaments ciblant le microbiote intestinal pour combattre l’obésité. "À partir de ce moment-là, je me définis comme un entrepreneur", admet Jean-Luc Treillou.

En parallèle, en 2018, il se joint à Maxime Feyeux et Kevin Allessandri pour créer une autre biotech, Treefrog Therapeutics. L’innovation portée par ses deux acolytes permet la production de cellules souches, en masse et de qualité, compatibles avec les besoins thérapeutiques, pour le traitement des maladies chroniques (Parkinson, diabète, DMLA, foie, etc.). Cinq ans plus tard, la biotech a enchaîné les réussites : une levée de fonds de 64 millions d’euros soutenue par le géant pharmaceutique américain Bristol-Myers Squibb, une usine pour produire ses cellules souches à Pessac, une filiale aux États-Unis et près de 100 collaborateurs.

Animé par sa passion pour la science et l’innovation, il a pour mission au sein de ces start-up de structurer la gouvernance et de sécuriser leur financement. "Je suis un catalyseur bienveillant, définit-il lui-même. C’est un chouette rôle, valorisant".

Savoir se remettre en question

Jean-Luc Treillou a pourtant choisi, il y a quelques mois, de se mettre en retrait de Treefrog comme il l’avait fait pour Ysopia Bioscience, même s’il garde des liens, notamment capitalistiques, avec ces start-up. "Tous les six mois, je regarde le plan stratégique de la boîte et je me pose deux questions : est-ce que ça colle avec mes capacités et ai-je toujours suffisamment de fraîcheur", détaille le multi-entrepreneur, également board member indépendant de plusieurs sociétés.

Fin 2022, Jean-Luc Treillou a embarqué avec un nouvel équipage. Avec Julien Nau et Alex Grammatico, ils ont fondé la start-up Api qui ambitionne d’implanter 600 supérettes autonomes et connectées dans les villages français dans les cinq prochaines années. La toute première supérette a ouvert ses portes en novembre dernier, à Claix, en Charente. Et Jean-Luc Treillou prépare déjà la prochaine étape, dans le secteur de l’ESS assurément. "C’est un objectif qui me titille, pour voir l’impact plus rapidement". Nul doute qu’une nouvelle start-up verra le jour dans les prochains mois.

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