Gironde

Biens de consommation

Start-up

Detective Box compte sur son nouveau jeu d’enquête pour quadrupler son chiffre d’affaires

Par Caroline Ansart, le 15 novembre 2023

Trois ans après sa création, l’entreprise girondine Detective Box, du nom de son jeu d’enquête, affiche déjà 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un montant que sa jeune créatrice, passée par l’émission télévisée "Qui veut être mon associé ?", ambitionne de multiplier grâce à la sortie d’une nouvelle version ce 15 novembre dans laquelle elle a beaucoup investi.

Originaire de Savoie, Émilie Bernier O’Donnell, créatrice du jeu d’enquête Detective Box, promet de bluffer les joueurs dans sa deuxième enquête, en vente à partir du 15 novembre.
Originaire de Savoie, Émilie Bernier O’Donnell, créatrice du jeu d’enquête Detective Box, promet de bluffer les joueurs dans sa deuxième enquête, en vente à partir du 15 novembre. — Photo : Caroline Ansart

"Quand je vois les chiffres que nous avons obtenus avec la première édition du jeu que j’ai créée toute seule et qui est 100 % artisanale, nous sommes très impatients de commercialiser la seconde dans laquelle nous avons investi 100 000 euros et mobilisé plus de 60 personnes", trépigne Émilie Bernier O’Donnell, créatrice de Detective Box. Ce sera chose faite le 15 novembre, avec de gros objectifs pour Noël. À cheval entre le jeu de société, la série policière et l’escape game, Detective Box est un jeu immersif d’enquête, le premier sur le marché français à sa sortie fin 2021. Il associe trois boîtes d’indices et une appli pour des interrogatoires et visites virtuelles.

11 heures de jeu

La jeune dirigeante de 29 ans s’est inspirée d’un concept qu’elle a découvert aux États-Unis, "mais j’étais déçue des scénarios". Les siens tiennent en haleine de 1 à 5 joueurs pendant 11 heures. La première enquête a donc été entièrement écrite par Émilie Bernier O’Connell pendant le Covid. Les vidéos ont été tournées "avec des copains du cours Florent" ; l’appli et les 500 premiers exemplaires ont été financés par une campagne de crowdfunding de 11 000 euros, dépassant l’objectif de 225 %. Les ventes ont suivi. Aujourd’hui, 20 000 exemplaires ont été écoulés. Un carton.

De quoi allègrement séduire les investisseurs professionnels. En août 2022, la start-up a levé 140 000 euros et participé à l’émission "Qui veut être mon associé ?" diffusée en janvier 2023. "Plus que du chiffre, l’émission nous a surtout ouvert des portes."

"Ma plus grande fierté a été d’embarquer tous les investisseurs, dont le coauteur de Dixit (jeu primé à travers le monde, NDLR) Régis Bonnessée, Tim Dumain cofondateur de Bigblue…" et nombre de professionnels de renom dans le milieu du jeu.

"Montrer qu’on a de grandes ambitions"

Convaincue de son produit, Émilie Bernier O’Donnell a donc misé gros sur sa deuxième enquête. "Nous voulons bluffer les joueurs", sourit-elle. "Nous" parce que l’équipe s’est étoffée de sept personnes ce dernier trimestre, pour atteindre environ 12 équivalents temps plein. "Le plus dur ce sont les recrutements. Tous les professionnels pointus dans l’e-commerce sont à Paris. À Bordeaux, nous avons beau proposer des hauts salaires nous sommes face aux gros comme Betclic ou Cdiscount. Pour convaincre, il faut montrer qu’on a de grandes ambitions : en 2024 nous voulons atteindre les 8 à 10 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous voulons aussi nous attaquer aux marchés étrangers et préparons déjà la troisième enquête." Sans en dévoiler davantage parce que la concurrence scrute. "Plusieurs petits concurrents sont apparus mais ils ne proposent pas le même produit. Ce sont des jeux d’une heure, c’est plus rentable, mais nous préférons investir sur le long terme. Ce sont les bonnes expériences qui font revenir les clients."

À 89 euros (pour "Woodlock University", la première enquête) et 109 euros ("Le Tueur au tarot"), Detective Box n’a pas encore trouvé sa place en magasin. "C’est rageant mais nous ne pouvions pas tout faire. Aujourd’hui, c’est dans les tuyaux", promet la dirigeante, "peut-être d’ici l’été 2024". L’unique canal de vente est donc le site internet, bichonné cette année pour 40 000 euros, et dont la refonte sera bientôt opérationnelle.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition