Orne

Textile

Présidentielle 2022 : pour Clément Pradal (Kiplay) "les charges sont un frein aux recrutements"

Par Isabelle Evrard, le 16 mars 2022

À l’occasion de l’élection présidentielle, Le Journal des Entreprises donne la parole à la jeune génération d’entrepreneurs. Clément Pradal, 29 ans, directeur adjoint de Kiplay (Orne), se prépare à reprendre la société familiale de vêtements professionnels, et table notamment sur une baisse des charges pour poursuivre le développement de l’entreprise.

Clément Pradal, directeur général adjoint de Kiplay, pointe le doigt sur les "trop grandes lourdeurs administratives" imposées par l’État.
Clément Pradal, directeur général adjoint de Kiplay, pointe le doigt sur les "trop grandes lourdeurs administratives" imposées par l’État. — Photo : Kiplay

D’ici trois à quatre ans, Marc Pradal passera les rênes de son entreprise, Kiplay, spécialisée dans le vêtement professionnel à Saint-Pierre d'Entremont (Orne) à son fils Clément, âgé de 29 ans. Une passation de pouvoir en douceur pour Clément Pradal entré dans l’entreprise à l’âge de 23 ans comme responsable logistique, et aujourd’hui directeur adjoint.

Depuis deux ans, le jeune directeur est confronté aux aléas de la crise sanitaire et économique. Une situation que l’entreprise a pu appréhender plus sereinement "grâce aux mesures de chômage partiel et la prise en charge immédiate par l’État", selon Clément Pradal. "Cette réaction immédiate a permis à l’entreprise de se maintenir, et même d’investir grâce au plan France Relance. Kiplay a ainsi été accompagnée à hauteur de 435 000 euros (sur un investissement total de plus d’1 million d’euros) pour acheter des machines à coudre nouvelle génération et connectées. Une politique de relance que le jeune chef d’entreprise aimerait voir perdurer après les élections : "c’est la seule façon d’inciter les entreprises à continuer à investir. Le prêt à taux zéro doit être reconduit ainsi que les mesures d’accompagnement concernant l’industrie du Futur ou l’aide à la RSE/Environnement". Des mesures indispensables à la réindustrialisation du pays selon le directeur adjoint de Kiplay. "Nous sommes bien partis, il ne faut pas s’arrêter là."

Trop de lourdeurs administratives

Autre mesure attendue par le jeune directeur général adjoint, la diminution des charges : "La France est un des pays où les charges sont les plus importantes et c’est un véritable frein au recrutement de nouveaux personnels et donc à notre développement", assure-t-il. Le dirigeant pointe également du doigt les "trop grandes lourdeurs administratives" imposées par l’État. "Nous passons trop de temps à monter des dossiers. C’est de l’énergie gaspillée quand on gère une entreprise…"

À l’initiative du lancement de la marque Kiplay Vintage, collection de l’entreprise entièrement fabriquée dans les ateliers normands, le dirigeant se dit très attentif à la qualification du "Made in France" : "Il faut clairement définir ce qui est fabriqué en France et ce qui ne l’est pas. Aujourd’hui, il y a de nombreuses marques avec le logo bleu, blanc, rouge mais les vêtements sont toujours fabriqués en Asie ! On induit le consommateur en erreur. Que l’on fabrique en France ou à l’étranger, les entreprises sont taxées de la même façon. Il n’y a aucun avantage fiscal à fabriquer en France. Ce n’est pas incitatif pour rapatrier la production en France", commente Clément Pradal, qui espère voir instaurer des avantages fiscaux pour les entreprises qui font l’effort de fabriquer sur le territoire national.

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