Rouen

Technologies

Devolis facilite la maintenance avec la réalité augmentée

Par Florent Godard, le 29 juin 2022

Le rouennais Devolis a conçu un chatbot spécifique pour la maintenance industrielle. Via des lunettes connectées, ce robot répond en temps réel aux questions d’un technicien face à une ligne de production. Et affiche les plans de montage et vidéos utiles dans son champ de vision.

Devolis opère une diversification high-tech avec JellyBot, un chatbot dédié à la maintenance industrielle.
Devolis opère une diversification high-tech avec JellyBot, un chatbot dédié à la maintenance industrielle. — Photo : Devolis

Un technicien équipé de lunettes connectées s’approche d’une ligne de production. Puis examine une machine. À voix haute, il interroge le système d’information de l’usine : à quand remonte la dernière opération de maintenance ? Comment démonter l’équipement ? Un robot lui répond via une fenêtre de dialogue (ou "chat") qui s’affiche en surimpression dans son champ de vision. L’historique des interventions, accompagné d’un plan de montage, apparaît alors sur ses lunettes. Suivi dans la foulée d’une vidéo résumant les tâches à accomplir pour réparer l’outil. Avant de partir, il réexamine la machine, "tague" les pièces présentant une anomalie… Et programme déjà la prochaine intervention. Voici à quoi ressemble un chatbot de maintenance industrielle. Plus précisément celui développé par Devolis, via sa marque JellyBot.

Cette entreprise normande prépare ainsi l’ouvrier "augmenté". Une référence à la réalité augmentée, cette technologie qui consiste à superposer une image virtuelle sur le monde réel. Pour le technicien, il suffit de scanner un QR code afin d’indiquer devant quel équipement il se trouve, avant de lancer JellyBot. Il peut également charger dans ses lunettes la modélisation 3D (le jumeau numérique) de l’usine, ou encore d’une ligne de production.

Livraison attendue en 2022

Vincent Aveline, PDG Devolis
Vincent Aveline, PDG Devolis - Photo : Devolis

Basée au Petit Quevilly à Rouen, Devolis (50 salariés, 4,4 M€ de CA en 2021) reste avant tout une entreprise de service numérique (ESN), mais opère une diversification high-tech avec JellyBot. Grâce à ses compétences en édition de logiciel, elle a d’abord commercialisé sous cette marque de nombreux métabots, ces chatbots multifonctions conçus pour répondre pêle-mêle aux questions informatiques, RH ou juridiques que se posent les salariés d’une entreprise par exemple… Le tout via des robots intelligents capables de questionner l’interlocuteur pour préciser sa question avant de rechercher la réponse dans les méandres du système d’information. Un outil qui a séduit des clients comme Neoma Business School, Cegid ou Aptar.

Son extension à l’industrie grâce aux lunettes HoloLens (de Microsoft) a déjà rencontré "un accueil positif de grands groupes industriels sur le salon Laval Virtual 2022", se réjouit le patron de Devolis, Vincent Aveline. Actuellement en phase de prototypage, en lien avec le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson, le nouveau service devrait bientôt voir le jour. Devolis espère vendre "ses premières licences d’utilisation courant 2022", selon son président.

700 000 € investis

De quoi créer une spin-off ? Une société spécifique en mode start-up pour JellyBot ? Vincent Aveline envisage sérieusement cette option, "une fois que nous prouvé que notre modèle fonctionne". Une nouvelle société qui aiderait notamment "à attirer des investisseurs extérieurs". Car jusqu’à présent tout a été développé sur fonds propres. "Devolis a déjà injecté près de 700 000 € dans JellyBot ", indique Vincent Aveline. Après 5 ans de travail et d’investissements, l’activité pèse pour l’instant "5 % du chiffre d’affaires" mais pourrait "atteindre plusieurs millions d’euros et réunir une équipe de 30 à 40 personnes d’ici cinq ans", estime le chef d’entreprise normand.

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