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Interview CPME Normandie : "Les commerçants ont besoin de comprendre pourquoi ils sont fermés"

Entretien avec Xavier Prevost, président de la CPME Normandie

Propos recueillis par Sébastien Colle - 26 mars 2021

Face aux nouvelles mesures de restriction décidées pour 16 départements français, dont l'Eure et la Seine-Maritime, Xavier Prevost, président de la CPME Normandie, demande des explications au gouvernement au sujet des commerces non autorisés à travailler et contraints de fermer une nouvelle fois. Il évoque un besoin légitime "de clarté".

Xavier Prevost, président de la CPME Normandie.
Xavier Prevost, président de la CPME Normandie. — Photo : CPME Normandie

Dans une lettre du 24 mars, vous interpellez Alain Griset, ministre délégué en charge des Petites et Moyennes entreprises, au sujet des nouvelles mesures de restrictions décidées par le gouvernement, dont la fermeture de nombreux commerces. Qu’attendez-vous de lui ?

Nous essayons de comprendre en interrogeant directement ceux qui nous gouvernent, et plus directement le ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises sur les décisions qui ont été prises. Pour la CPME Normandie, la question de la santé est bien évidemment une priorité ; santé de nos salariés, santé de nos fournisseurs, santé de nos clients, santé de tous nos concitoyens, santé de nos dirigeants. Et nos entreprises sont pleinement engagées avec la mise en place de protocoles drastiques.

Nous avons besoin de comprendre et nous avons besoin d’explications sur les critères déterminants qui ont été retenus pour faire le choix des commerces non autorisés à travailler et contraints de fermer dans nos deux départements. Quelle jauge a été retenue pour faire le choix des commerces autorisés à travailler ? Pour les commerces non autorisés à travailler, en quoi les gestes barrière drastiques mis en place, avec port du masque, gel hydroalcoolique à l’entrée et à la sortie du commerce, nombre limité de personnes présentes dans le magasin, ou encore aération régulière, ne sont plus suffisants et en quoi l’activité de ces commerces constitue un risque de propagation du virus ? Enfin, quelle procédure de prévention doivent-ils suivre pour pouvoir de nouveau être autorisés à travailler et sur quels critères portera la décision de les autoriser à travailler de nouveau ?

Quelle serait selon vous la solution ?

La bonne décision aujourd’hui, c’est l’accélération de la vaccination. Nous sommes prêts à être vaccinés, et nous souhaitons que nos salariés aient accès au vaccin. Nous pouvons même proposer d’ouvrir nos entreprises pour faciliter leur accès au vaccin. Mais en attendant la vaccination, nos entreprises et nos commerçants non autorisés à travailler doivent pouvoir survivre. Alors, au-delà de ce qui leur est accordé, c’est un soutien financier sans faille et à hauteur de leurs pertes et de leurs engagements que l’État doit leur apporter.

Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a déclaré réfléchir à la possibilité d’autoriser les commerces fermés à liquider leur stock hors période de soldes. Une bonne idée selon vous ?

C’est le début de la période estivale et les commerçants ont constitué des stocks qu’il va falloir écouler. Mais on ne vit pas avec les soldes, on ne fait pas de marge dans ces conditions, ça ne peut pas fonctionner comme cela. Alors oui pour financer les stocks et les charges, mais on peut aussi s’interroger sur les congés payés des salariés de ces entreprises obligées de fermer : ils restent dus par des structures qui ne génèrent pas d’activité.

Le commerce est-il un secteur d’activité sacrifié ?

J’espère que non. Les réponses à nos questions permettraient de ne pas ressentir une sorte de stigmatisation. Il faut nous expliquer clairement les critères de choix. De plus, sur les règles à mettre en place pour pouvoir rouvrir, il n’y a pas de réponse du gouvernement. On nous dit que les fleuristes et chocolatiers peuvent ouvrir car ils savent mettre en place les gestes barrières pour éviter la propagation du virus. Mais, s’ils ouvrent, c’est que ces protocoles fonctionnent. Alors on peut imaginer que les fermetures sont décidées pour limiter les flux mais, si c’est cela, il faut l’expliquer clairement à ceux qui ferment et souligner l’effort auquel ils consentent.

Xavier Prevost, président de la CPME Normandie.
Xavier Prevost, président de la CPME Normandie. — Photo : CPME Normandie

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