Normandie

BTP

Interview Coronavirus - FFB Normandie : « La filière BTP doit s'organiser pour reprendre l'activité »

Entretien avec Alain Piquet, président FFB Normandie

Propos recueillis par Sébastien Colle - 20 mars 2020

Président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) en Normandie, Alain Piquet appelle à un arrêt général des chantiers du BTP, le temps de réorganiser la remise en activité de la filière.

Alain Piquet, président de la FFB Normandie.
Alain Piquet, président de la FFB Normandie demande un "arrêt général des chantiers de BTP (…) pour réorganiser l'activité de la filière". — Photo : Isabelle Evrard - Le Journal des Entreprises

Le Journal des Entreprises : Vous venez d’envoyer une lettre au Préfet de la Région Normandie pour l’alerter sur la situation des acteurs du bâtiment. Comment avez-vous encaissé le choc de l’épidémie de coronavirus et quelles sont vos inquiétudes ?

Alain Piquet : Le bâtiment et, au-delà, l’ensemble des secteurs d’activité ont tous subi une période de sidération face à l’impact du coronavirus. Il y a un chaos qui s’est formé. À présent, il faut que chacun retrouve ses esprits et fasse preuve de solidarité. Le choc est passé, il faut que l’on réagisse collectivement. Et pour cela, nous avons besoin de reprendre nos activités, car nous voulons sauver l’ensemble de l’écosystème du bâtiment, de la fabrication à la distribution des produits, en passant par les maîtres d’ouvrage et l’ensemble de nos entreprises. Tout cela avec en priorité la préservation de la santé des femmes et des hommes.

Quels sont vos préalables à une reprise de l’activité ?

Alain Piquet : Nous devons tous nous mettre autour de la table pour envisager les conditions de reprise. Il faut travailler à une réponse progressive. Le premier préalable, c’est la santé des personnels, que l’on nous dise que nous pouvons aller sur nos chantiers sans risque. À ce moment-là, nous pourrons nous organiser. Car les métiers du bâtiment sont complexes. Un commerçant travaille dans son commerce, un industriel produit dans son usine, soit dans des lieux habituels et stables qui permettent d’aménager les bonnes conditions de sécurité sanitaires. Dans le bâtiment, plusieurs entreprises viennent dans un même lieu, tous les corps d’État sont différents et le contexte évolue constamment avec l’avancée de la construction. Ces spécificités nous obligent à réfléchir au meilleur moyen de faire travailler ensemble toutes ces entreprises dans cet environnement évolutif. Il faut remettre en route la filière : en amont la distribution des matériels et matériaux doit reprendre. La livraison de marchandises doit être assurée. En aval, les déchèteries doivent rouvrir pour nous permettre d’évacuer les déchets et gravats de nos chantiers.

Comment arriver à cette réorganisation ?

Alain Piquet : Il faut faire une pause. Nous voulons un arrêt général des chantiers du BTP pour un délai, le plus court possible, permettant à la filière de réorganiser, sous l’autorité du Préfet, sa remise en activité dans des conditions sanitaires et réglementaires compréhensibles et acceptables par tous. Il va falloir s’adapter à la vie avec le virus, avec des précautions supplémentaires, il faut qu’on en ait tous conscience. Le président de la République a dit que nous étions en guerre, et c’est vrai. Dans ce contexte, le monde économique et tous ceux qui travaillent à l’effort de guerre forment la résistance des actifs. Après le moment de sidération générale qui a entraîné, parfois, des propos inadmissibles envers nos professions, il faut à présent retrouver la raison et notre capacité à travailler. Toutes les polémiques d’aujourd’hui sont des dépenses d’énergie parfaitement inutiles à notre redressement.

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