Industrie

Baudelet Environnement sur les rails du recyclage ferroviaire

Par Robert Querret, le 29 novembre 2021

Le groupe nordiste Baudelet Environnement a inauguré la plus grande plateforme de démantèlement ferroviaire de France sur son site de Grémonville (Seine-Maritime). Avec à la clé un contrat de plus de 1 000 wagons et rames à recycler pour la SNCF.

D’ici à 2030, 900 wagons du réseau francilien et 129 rames de TGV de la SNCF seront recyclés en matières premières valorisables sur le site de Grémonville.
D’ici à 2030, 900 wagons du réseau francilien et 129 rames de TGV de la SNCF seront recyclés en matières premières valorisables sur le site de Grémonville. — Photo : JDE

"C’est le plus important site de démantèlement de matériel de transport ferroviaire de voyageurs en France", se réjouissent Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier, codirigeants du groupe familial nordiste Baudelet Environnement, fondé à Blaringhem (Nord) en 1963. Spécialiste de la collecte, du traitement et de la valorisation des déchets, le groupe (500 salariés, 130 M€ de chiffre d’affaires) vient d’inaugurer son unité sur l’Ecoparc de Grémonville, près d’Yvetot (Seine-Maritime). Un nouvel outil qui va lui permettre de traiter deux appels d’offres européens spécifiques remportés auprès de la SNCF.

Plus de 1 000 wagons et rames à recycler

D’ici à 2030, quelque 900 wagons du réseau francilien et 129 rames de TGV (1 290 caisses) - soit l’équivalent d’un train de 50 km de longueur - y seront recyclés en matières premières valorisables. Et notamment "70 000 tonnes de ferrailles représentant l’équivalent du poids de six tours Eiffel", souligne Patrick Auvrelle, directeur de l’unité Valorisation patrimoniale à la direction Matériel de SNCF Voyageurs. "Le taux de recyclage dépasse 95 % et nous visons les 100 %", ajoute-t-il confirmant la volonté de la SNCF de s’inscrire dans le cycle vertueux de l’économie circulaire sur toute la durée de vie de ses trains.

"Curage vert" et désamiantage

Directement embranché au réseau ferré via la ligne Motteville - Saint-Valery-en-Caux, l’usine de Grémonville couvre 4 300 m2. Elle dispose de plus de 2 km de rails permettant d’accueillir et de stocker le matériel ferroviaire à traiter. C’est là qu’est effectué un "curage vert" consistant à dégarnir les wagons des sièges, faux plafonds et autres cloisons avant de procéder au triage des matériaux récupérés par filières (textiles, vitres…).

Les opérations de désamiantage y sont ensuite opérées dans une partie sous confinement du bâtiment par le pôle Industrie du groupe azuréen Snadec, partenaire de Baudelet Environnement, avec un effectif de 40 spécialistes opérant sur quatre lignes de production. Une fois dépollués, les trains rejoignent la plateforme de démantèlement afin d’y être cisaillé mécaniquement.

Le groupe Baudelet Environnement est présent en Normandie depuis sa reprise en 2016 de l’entreprise Gardet & De Bézenac, spécialisée dans la déconstruction navale et industrielle et installée sur 4 hectares en bord à quai dans le port du Havre. C’est vers ce site havrais que converge la ferraille récupérée à Grémonville avant d’être acheminée par voie fluviale vers diverses aciéries, en région parisienne notamment.

D’ici à 2030, 900 wagons du réseau francilien et 129 rames de TGV de la SNCF seront recyclés en matières premières valorisables sur le site de Grémonville.
D’ici à 2030, 900 wagons du réseau francilien et 129 rames de TGV de la SNCF seront recyclés en matières premières valorisables sur le site de Grémonville. — Photo : JDE

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail