Lorient

Energie

Turbiwatt compte changer de braquet

Par Xavier Eveillé, le 25 août 2017

Turbiwatt développe des petites turbines produisant de l'électricité. Cette entreprise de sept personnes basée à Caudan (56) étoffe sa gamme et développe son réseau commercial.

Didier Greggory.
Didier Greggory. — Photo : Xavier Eveillé

Après plusieurs années de recherche et de développement fructueuses, Turbiwatt lance la commercialisation de sa nouvelle génération de turbines hydroélectriques dont la production doit débuter en fin d'année 2017. L'entreprise caudannaise avance sur un marché de niche : elle est la seule à développer des turbines pour basses chutes, faibles et moyens débits d'eau, c'est-à-dire dimensionnées pour les moulins, les minoteries et la petite industrie... L'hydroélectricité n'est plus l'apanage des barrages et autres infrastructures de grande capacité, défend Didier Gréggory, codirigeant de Turbiwatt aux côtés de Jean-Christophe Maillard, le fondateur. Depuis 2010, Turbiwatt suit un parcours original avec le soutien du fonds d'investissement Finarea. L'entreprise est partie de zéro pour inventer des turbines qui produisent de l'électricité. Un marché au potentiel gigantesque : « Contrairement au solaire ou au photovoltaïque, il n'y a pas d'aléa. Sur un cours d'eau, nous pouvons aller chercher le dernier kw/h en couplant plusieurs turbines de différentes capacités pour les moulins (60.000 en Europe), les stations d'eau potable et d'eaux usées, la petite industrie, sans parler des perspectives en Afrique. Nos turbines sont taillées pour alimenter des villages isolés qui n'ont pas de fort potentiel hydraulique. »

« Ce n'est pas une danseuse »

À Pluneret, un moulin s'est équipé pour 80.000 euros pour une production hydroélectrique de... 25.000 euros annuels, soit la consommation d'une quarantaine de foyers. « La machine s'amortit seule entre deux et quatre ans, hors génie civil qui peut varier dans un rapport de 10 à 100 % le prix de la turbine, situe Didier Greggory. Ce n'était pas rentable avant, aujourd'hui ça l'est. Ce n'est pas se payer une danseuse... » La maintenance ? Deux heures par an plus une dépose complète en atelier tous les cinq à huit ans selon la hauteur de chute. Les turbines sont assemblées avec des cônes en béton, ancrés au fond du cours d'eau ou du lac.

Changement de braquet

À ce jour, Turbiwatt génère 500.000 euros de chiffre d'affaires. « Nous sortons d'une longue période dédiée à la R&D. Commercialement, c'est véritablement le début. Nous avons sous le coude 350 projets. » La difficulté principale ? Les autorisations. « En France, Turbiwatt doit compter avec des délais de deux à quatre ans alors qu'à l'export, dans n'importe quel pays européen voisin, nous sommes sur du trois-six mois ! », est obligé de constater Didier Greggory. Associations de pêche, administrations... Les garde-fous sont tellement nombreux et puissants qu'ils verrouillent au final le potentiel de développement de filières... écologiques.« Si on s'était dès le départ positionné exclusivement sur les marchés publics, on serait déjà morts cinquante fois... »

Aujourd'hui, Turbiwatt totalise environ cinquante turbines installées à son actif, en France et en Europe, où elle exporte à hauteur de 30 %. Avançant en mode start-up, elle ambitionne donc un changement de braquet important.

Les créations d'emplois

Le soutien de la Région Bretagne en commission permanente va dans ce sens. Turbiwatt est en train de constituer son réseau commercial. L'effectif (sept personnes) va se renforcer de deux CDI créés à court terme. Les problématiques de formation sont cruciales, de la production à l'ingénierie. Les applications sont immenses, dès qu'il y a 1,5 mètre de chutes. Turbiwatt s'intéresse également à l'industrie qui recourt à de l'eau de process (chimie, agroalimentaire, papeterie, mines recourant à la fracturation au canon à eau).

Didier Greggory.
Didier Greggory. — Photo : Xavier Eveillé

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