Morbihan

Agroalimentaire

La Belle-Iloise met le pied à l'étrier à des réfugiés

Par Ségolène Mahias, le 22 septembre 2021

La conserverie de poissons morbihannaise La Belle-Iloise compte dix salariés réfugiés parmi son effectif saisonnier. Ces personnels sont passés par une formation menée pour la troisième fois avec la Région Bretagne, Pôle Emploi et l’Institut breton d'éducation permanente.

À l’issue de leur formation à La Belle-Iloise, dix des onze stagiaires réfugiés ont signé un contrat saisonnier.
À l’issue de leur formation à La Belle-Iloise, dix des onze stagiaires réfugiés ont signé un contrat saisonnier. — Photo : Ségolène Mahias

Comment concilier engagement sociétal et tremplin vers l’emploi ? À Quiberon (Morbihan), la conserverie de poissons La Belle-Iloise (entre 350 et 600 salariés en saison ; 60 M€ de chiffre d'affaires) a trouvé son équation. Depuis 2019, elle mène une action d’accompagnement vers l’emploi de personnes réfugiées en les formant à ses métiers. Un programme que l'entreprise mène en association avec des partenaires suite à une problématique récurrente. 

Une tutrice dédiée en interne

Spécialiste de la mise en conserve du maquereau et de la sardine, La Belle-Iloise est confrontée à des difficultés chroniques de recrutement de saisonniers depuis quatre ans. Afin d’y remédier, la Région Bretagne, en charge de la formation professionnelle, a mis en place depuis deux ans, en lien avec la conserverie, Pôle Emploi et l’Institut breton d’éducation permanente (Ibep) une formation dédiée à des personnes ayant acquis le statut de réfugié. Deux sessions organisées en 2019 et 2020 ont permis de former 25 personnes et d’en embaucher 14. Onze nouveaux stagiaires ont entamé cette formation fin février. "Parmi eux, dix ont accepté notre proposition de contrat saisonnier qui court jusqu’à la fin de l’année. Certains poursuivent dans le secteur agroalimentaire, d'autres enchaînent sur d’autres formations", commente Claudie Jan, DRH de La Belle-Iloise. Une relation dans la durée se noue aussi parfois entre l’entreprise et ces réfugiés : cinq d’entre eux reviennent ainsi chaque année y travailler lors du pic d’activité.

Très concrètement, cette formation au coût de 66 500 euros est cofinancée par la Région (46 550 euros) et Pôle emploi (19 950 euros). L’Ibep assure une formation au vocabulaire usuel et utile tandis que la Belle-Iloise met l’accent sur le jargon professionnel. "Tout est expliqué et réexpliqué en s’appuyant sur de nombreux visuels. En interne, une tutrice choisie pour sa patience et sa pédagogie leur est dédiée. Elle leur montre les gestes professionnels autant qu’il le faut. Nous avons la chance d’être sur un métier artisanal", poursuit Claudie Jan. L’entreprise, comme ses partenaires, mène un important travail en amont pour assurer le logement et la mobilité de ces réfugiés.

Des recrutements comme les autres

"Recruter ces personnes n’est pas plus compliqué qu’un recrutement classique. Les deux premières sessions nous ont appris qu’il fallait faire des points hebdomadaires entre partenaires. Cela permet de gérer les problèmes au fur et à mesure et de se donner le plus de chances de réussite", appuie la DRH.

D’ores et déjà, la conserverie indique qu’il y aura une quatrième session et qu’elle recommanderait cette action à d’autres entreprises locales ou régionales. En interne, ce soutien à la formation de réfugiés fait partie d’une démarche globale d’inclusion. "Pour nous, c’est un tout, avec des actions liées à l’emploi de seniors, de personnes en situation d’handicap ou d’alternants. Depuis 2008, nous avons opté pour la méthode de recrutement par simulation (privilégier les capacités nécessaires au poste de travail proposé par rapport à l'expérience et au diplôme, NDLR). C’est une vraie richesse. Les intégrations se font facilement quels que soient les parcours."

À l’issue de leur formation à La Belle-Iloise, dix des onze stagiaires réfugiés ont signé un contrat saisonnier.
À l’issue de leur formation à La Belle-Iloise, dix des onze stagiaires réfugiés ont signé un contrat saisonnier. — Photo : Ségolène Mahias

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